LA PORNOGRAPHIE NUIT
AUX RELATIONS CONJUGALES ET FAMILIALES
Ralph, employé modèle d’une PME californienne (…) A 35 ans, il passait une quarantaine d’heures par semaine à mater des vidéos X. Sa femme lui a ordonné de se faire traiter, sous peine de divorcer. L’internaute qui arrive ici est déréalisé, il a de fait quitté sa famille, sa femme, pour rejoindre un monde imaginaire. (…)
Source : Le consensus pornographique, par Xavier Deleu
I. LA FEMME ET LES ENFANTS VUS COMME DES INSTRUMENTS SEXUELS
A. LA SEXUALITE VECUE COMME UNE FIN EN SOI
Dans
la pornographie, la dimension relationnelle de la sexualité est
niée. Les femmes y sont en effet vues comme des objets sexuels,
anonymes et interchangeables, et ce au détriment de toute notion de tendresse
ou d'affectivité (cliquez
ici pour plus d'informations sur le sujet)
Les
piteuses scènes de comédie qui figurent dans les films ne
trompent personne. Que ce soit la visite du plombier, du livreur de pizza,
qu’il y soit question d’une sortie restaurant ou d’une
soirée entre amis, toutes les situations sociales ont le même
aboutissant : la relation sexuelle.
D’ailleurs,
de plus en plus de vidéos n’incluent absolument aucune scène
de comédie : ce sont le cas des films « gonzo », ou
des scénettes téléchargeables sur le Net.
Le message des films pornographiques est clair : la sexualité est la seule raison d’être d’un réseau social. Le dépendant finit par intérioriser ce discours, et par chercher une fin sexuelle dans chaque rapport humain avec la gente féminine.
L’autre
ne devient intéressant que de par le potentiel sexuel qu’il
représente ; aussi intéressant puisse-t-elle être,
sa fréquentation n'a d'intérêt que si elle promet
une finalité sexuelle.
Le dépendant perd donc souvent tout intérêt pour les
relations sans finalité sexuelle. Or, il est évident que
notre société ne tourne pas (uniquement) autour des questions
de sexe. Petit à petit, le dépendant s’isole. Pire,
dans certains cas, il essaiera de force de donner une finalité
sexuelle à ces relations.
Cette
véritable instrumentalisation du corps de l’autre n’est
pas contrôlable. Aussi, nombre de dépendants projettent leurs
fantasmes sur leur conjoint, voire, et c’est dramatique, sur leurs
propres enfants. Sa propre famille devient chair consommable.
Nombre de dépendants, saturés par ces images qu’ils
ne peuvent contrôler, finissent horrifiés de ressentir cela.
(1)
La « désintoxication » est d’autant plus dure quand la dépendance commence avec l’adolescence ; il faut alors reconstruire de zéro tout le modèle sexuel, ce dernier ayant été faussement construit autour de l’idée que la sexualité était une fin en soi. (6)
Patrick
Carnac est fondateur de l’association Sex Addicts Anonymous, qui
vient en aide à des millions d’Américains victimes
de dépendance au sexe. Il rapporte que de nombreux père
de familles viennent consulter son association, après s’être
rendu compte que la sexualité minait leur vie de famille: «
la vie sexuelle du dépendant se métamorphose : de relationnelle,
elle devient fantasmatique. Il devient incapable de vivre sa sexualité
comme un acte d'amour entre lui et sa conjointe. C'est pourquoi il perd
tous désir vis-à-vis de sa femme. » (5)
« leurs fantasmes de violences sexuelles envahissent leurs rapports
familiaux. Dans d'autres cas, ils perdent au contraire tout intérêt
affectif pour leur femme et leurs enfants ». (5)
B. LA CULPABILITE RESSENTIE PAR LES DEPENDANTS, FACE A LEURS PULSIONS INAVOUABLES
Les
dépendants ne sont pas des monstres. Ce sont des hommes
lambda, mais qui sont atrocement saturés d’images
pornographiques.
Beaucoup
de dépendants se sentent obscènes, pervers, malades, et
le vivent très mal. Ils n’acceptent pas que leurs pulsions
aient pris un tel tournant pervers. Ils sont dégoûtés
d’eux-mêmes.
Ils
se sentent sexuellement attirés par l’interdit, par la transgression,
alors que leur raison les retient de toute leur force.
Heureusement, la grosse majorité d'entre eux arrivera à se canaliser.
Mais une petite partie, malheureusement, « passera à l’acte
».
Ce passage à l'acte représente la phase ultime de la dépendance, car l'addiction, essentiellement psychique, prend alors une concrétisation dans le "monde réel".
Le passage à l'acte peut prendre différentes formes:
- la recherche d'une ou plusieurs relations adultérines (fantasme de la relation parallèle)
- le recours à des relations sexuelles tarifées (prositution, escort-girls)
- un passage criminel: nombre de violeurs et pédophiles reconnaissent avoir eu recours à du matériel pornographique avant de passer à l’acte (10), et avoir voulu faire "comme dans les films".
Egalement, il est important de rappeler que l'utilisation des services de liveshows, ou de webcams X, est assimilable à un passage à l'acte: le dépendant établit une connexion réelle avec une personne, qui va se dénuder pour lui, selon les ordres qu'il va personnellement lui donner. Les deux "partenaires" se masturbent chacun de leur côté; mais ils ont chacun conscience de la présence de l'autre, et trouvent leur excitation ou leur intérêt dans cette présence.
Je vous invite à lire l'article Définition de la pornodépendance, pour plus d'informations à ce sujet
TEMOIGNAGES
Témoignage de Maxime, 24 ans, pornodépendant (25/03/10) "Voilà , j'ai 24 ans, étudiant à l'apparence sans problème...pourtant
je réalise au jour d'aujourd'hui que mon rapport à la sexualité
et à la pornographie est pathologique. Je réalise que j'ai un réel
addiction à visionner des films porn, non pas par envie, mais par
besoins, tel une drogue (...) J'agis de façon totalement compulsif,et ne parvient pas à me maitriser pour ne pas aller consulter une prostituée par exemple.. Longtemps j'ai pensé que je pouvais arreter cette addiction comme je voulais ,et que ce n'était pas un probleme (...)mais je finissait chaque fois pour replonger ,avc un sentiment de honte toujours plus grand! Aujourd'hui je n'en peux plus de cette situation, qui est sans doute à l'orgine de multiples désillusions amoureuses ,de relations ephémères et d'un célibat prolongé... j'ai envie de changer (...)
Témoignage de justunepuce, compagne de pornodépendant (22/03/10)
(...) Cinq ans de couple avec l'homme que j'aime, deux ans de vie commune et un bébé, nous venons de nous séparer car je suis tombées sur une boîte de préservatifs... depuis notre rupture il y a un petit mois, il s'avère que j'ai découvert qu'il était, et ça sûrement depuis un long moment, porno dépendant ou addict sexuel (...) J' ai découvert en effet qu'il se connectait (...) sur Internet jusqu'à 4h du matin (...) je découvre que depuis de nombreux mois, le nom de sites de rencontres coquins auquel il s'est inscrit n'est plsu chiffrable (...) il laisse des messages pour des recherches de partenaires sexuels de 20 à 60 ans, laisse des messages très sexuels; et je suis même tombé sur un site où il s'est inscrit où sont profil est son sexe et qu'il recherchait à contacter des travestis (...) J'ai parlé avec certaines filles qui m'ont confirmé avoir eu des rapports avec lui, d'autres qu'il se masturbati devant sa webcam... je suis effondrée."
Témoignages issus du forum du www.pornodependance.com |
C’est bien la pornographie qui a entraîné Maxime, et le compagnon de Justunepuce, au bord du gouffre ; ils n’ont finalement plus eu les forces nécessaires de résister.
II. LA PORNOGRAPHIE ENTACHE LES RELATIONS SEXUELLES AVEC LA COMPAGNE LEGITIME
La
pornographie vend une sexualité
irréelle, fantasmatique, déconnectée de la réalité.
Elle imprègne l’esprit des hommes au plus profond. Ces derniers
en viennent à ne trouver de l’excitation qu’à
travers la pornographie : ils deviennent pornodépendants.
Désormais
incapable de trouver une excitation en dehors de la pornographie, leur
rapport avec leur compagne change:
- Soit ils incluent la pornographie dans leurs jeux érotiques,
et ce quand bien même la compagne n’y est pas favorable.
- Soit ils perdent peu à peu tout intérêt pour des
relations sexuelles « conventionnelles », au profit d’une
sexualité masturbatoire, où ils font défiler leurs
fantasmes (voir page relative
à l'altération de la sexualité chez le dépendant).
Dans les deux cas, de par l’influence de la pornographie, les dépendants vivent leur sexualité de façon très technique, comme une « course à la performance » et aux fantasmes : «Dans les cas de dépendance à la pornographie, la sexualité dans le couple est complètement déphasée.» Les hommes qui vivent ce problème ont souvent des difficultés d'érection. Leur désir sexuel pour la conjointe peut être réduit, comme s’ils avaient une relation extraconjugale. Ils développent une sexualité stéréotypée, machinale, mécanique, bien loin d'un échange romantique avec des caresses et de l'affection. (7, propos de Michel CAMPBELL, relayés par Sylvie LEDOUX)
A. LE DESINTERET POUR LA SEXUALITE AVEC LA COMPAGNE LEGITIME
Le désintérêt pour la sexualité avec la compagne légitime
Nombre
d’hommes, dont la sexualité est désormais fixée
par la pornographie, essaient d’inciter leurs compagnes à
développer leur sexualité, au motif que leurs rapports ne
sont plus satisfaisants.
Dans la plupart des cas, les femmes ne comprennent pas cette soudaine hausse des exigences sexuelles. Elles n’ont en effet pas idée que l’univers fantasmatique de leur compagnon est désormais gouverné par la pornographie. L’homme se sent frustré, peu écouté. Il ne se rend pas compte de quoi il est prisonnier.
Jean-Charles
NAYEBI, dans La cyberdépendance en 60 questions, et citant
des chiffres du chercheur J.P Schneidger (4) parle d’un véritable
« cercle vicieux : d’une part, les problèmes sexuels
du couple interviennent dans le déclenchement et dans le maintien
du recours au cybersexe, et de l’autre, le recours au cybersexe
favorise le déclenchement et l’entretien des problèmes
sexuels du couple. Une étude démontre que seulement 32%
des addicts au cybersexe maintiennent un intérêt sexuel pour
l’autre partenaire ; 52,1% disent ne plus avoir d’intérêt
sexuel pour leur partenaire, et dans 34% des cas, il y a absence de relation
sexuelle depuis des mois, voire depuis des années. Deux tiers des
98 personnes interrogées évoquent des problèmes sexuels
dans le couple avant ou au moment du déclenchement de la cybersexe
dépendance.
Le dépendant manifeste également un détachement à
l’égard de son partenaire sur le plan affectif. »
Le dépendant va tendre à s’enfermer dans une sexualité de « l’extrême », et à ne plus trouver de plaisir dans une sexualité plus conventionnelle. Pour maitenir l’excitaion sexuelle, il lui en faut plus. Le problème est évident, quand la compagne conventionnelle du dépendant ne le suit pas sur cette voie, ou bien encore quand ce dernier, célibataire, cherche une partenaire sexuelle et affective adéquate.
L'incitation à l'adultère
La
pornographie présente comme normales, des pratiques sexuelles minoritaires,
marginales ou déviantes (cliquez ici pour
plus d'informations à ce sujet).
Le dépendant en vient à rêver d’une sexualité hors-normes. S’il ne peut entraîner sa compagne dans ses propres fantasmes, il peut être amené à "voir ailleurs" si il existe des complices sexuels partageant ses fantasmes.
Cela
peut prendre aussi bien la forme d’adultères, que la fréquentation
de prostituées.
On
sait qu’aujourd’hui, sur les site de rencontres, nombre d’hommes
s’incrivent en tant que célibataires, alors qu’ils
sont déjà engagés dans une union. Si on ne peut évidement
pas dire que ce sont tous des dépendants pornographiques, on ne
peut non plus nier qu’un certain nombre cherchent sur le Net, des
partenaires sexuels à la hauteur de leurs fantasmes.
Rappelons que l’un des fantasmes de base de la pornographie, est le sexe pour le sexe, la relation sexuelle avec l’inconnue rencontrée dix minutes auparavant (5). Nombre de scénarios pornographiques s’appuient sur cette base. Or, par définition, pour un homme engagé, un tel fantasme ne peut être satisfait que par l’adultère.
B. L'INCITATION A LA CONCRETISATION DE FANTASMES PORNOGRAPHIQUES
L'obligation de recourir à des fantasmes pornographiques
D’autres
hommes, également, proposent de faire rentrer la pornographie dans
leurs jeux érotiques. Cette dernière devient une source
d’excitation préliminaire.
Cette
idée a été par le passé défendue par
certains psychologues et sociologues, qui voyaient la pornographie comme
un moyen ludique de s’éveiller à la sexualité,
mais qui en ignoraient (ou feignaient d'en ignorer) les effets pervers.
Est-il
réellement plaisant pour une femme, de constater que pour lui faire
l’amour, son compagnon doit fantasmer sur d’autres corps que
le sien? Naturellement non. L’excitation, lors d’une relation
sexuelle, doit venir du corps de l’autre, et pas du corps des autres.
Une
femme à qui on impose, en préliminaire, la vision de matériel
pornographie, risque de se sentir, à juste titre, blessée
dans son orgueil. Ce que Sylvie LEDOUX explique, exemple à l’appui
:
Nicole, une femme dans la cinquantaine, mariée et mère
de deux enfants, souffre du fait que son mari, chaque fois qu'il veut
faire l'amour avec elle, lui offre en guise de préliminaires de
regarder des magazines érotiques. Rien d'excitant pour elle. Cet
étalage d'images crues ne l'érotise pas du tout. Au contraire,
elle se sent blessée et en a marre de sa sexualité. Son
désir envers son mari est pratiquement nul.
Nicole fait partie de ces femmes dont la relation est mise en péril par la consommation de pornographie de leur conjoint. «Quand l'homme a besoin de regarder des images pornographiques pour s’exciter, explique le sexologue et psychologue Michel Campbell, la femme peut avoir l'impression que ce n’est pas avec elle qu'il fait l'amour mais avec l'image qu'il vient de regarder. Elle est blessée.» (7)
TEMOIGNAGE DE LILI, COMPAGNE DE PORNODEPENDANT, 08 AVRIL 2010
(...)
Je me pose la question de l'addiction de mon conjoint à la pornographie.
Nous sommes ensemble depuis 11 ans, nous avons une petite fille
de 5 ans et nous formons un couple heureux. Mais depuis deux mois,
je me suis rendue compte qu'il allait sur des sites pornos très
régulièrement (...) Avant cela, notre sexualité a toujours été
épanouissante (...) c'est pourquoi, je ne comprends pas pourquoi
il va si régulièrement sur des sites. Un jour alors que nous avions
fait l'amour le matin, il est allé sur un site le soir même. J'ai
été très déçue. Il a même été jusqu'à aller sur des sites avec
webcams où il pouvait écrire à la fille qu'elle l'excitait et
ce genre de choses. (...)
Témoignage issu du forum du www.pornodependance.com |
Des cas de sexualité forcée
Il arrive que certaines femmes, pour faire plaisir à leur mari, en viennent à des pratiques qu’elles ne cautionnent pas. Elles se sentent « emportées », sous pression. Il est évident qu’une sexualité saine ne peut s'installer quand l'un des deux se sent « forcé ». Surtout, c’est un abîme. En effet, le dépendant, toujours à l’affût d’une sexualité plus extrême, renforcera sans cesse ses exigences. Jusqu’au point de « rupture » : la rupture concrète du couple, ou la rupture psychologique du partenaire oppressé qui, de tout son être, appelle à l’arrêt de cette boulimie sexuelle (3) avec quelquefois, des problèmes psychologiques pour le (la) partenaire « invité(e) » à prendre part aux fantasmes ou à la pratique collective du sexe en ligne).
Selon une enquête réalisée à San Fransisco, en 1978, 10% des femmes ont déjà été "indisposées" dans leur vie "par des hommes qui, ayant lu quelque chose dans un médium pornographie, ont essayé de les amener à faire ce qu’ils avaient vu ». Un chiffre comme 10% est une estimation considérée comme minimale puisque de très nombreuses femmes peuvent ignorer que leur partenaire consomme de la pornographie. Les pratiques sexuelles demandées répondaient toutes à un registre sexuel « hard » : urophilie, amour à plusieurs, gifles et coups, rapports anaux, introduction d’objets dans le vagin, zoophilie…" (7)
Richard POULIN, pour son livre "La Violence pornographique", a posé à un certain nombre de femmes la même question: « Avez-vous déjà été indisposées par quelqu’un qui voulait vous amener à faire quelque chose qu’il avait vu dans des livres, des images ou des films pornographiques ? Si oui, pourriez vous nous parler brièvement de l’expérience qui vous a le plus choqué ?"
Les réponses qu'il a reçu sont édifiantes:
"Réponse
D : Il s’agissait de gifles et des coups. Le plus troublant, c’est
qu’il pensait que cela m’excitait.
Réponse G : Mon mari aime beaucoup les films pornos. Ses idées
de m’introduire des objets dans mon vagin m’avaient toujours
choquées. Il avait l’habitude de m’obliger à
le faire, ou de mettre lui-même tout ce qu’il voulait dans
mon vagin.
Réponse H : Il m’avait forcée à le sucer. Il
voulait aussi verser du champagne sur mon vagin.
Réponse I : Le coït anal. Quand je lui ai dit « non
», il l’a fait quand même. Cela m’a fait terriblement
mal."
TEMOIGNAGE DE FOOL, PORNODEPENDANT, 15 MAI 2010
"J'ai un vrai problème d'addiction au sexe. Je le reconnais
et j'en suis parfaitement conscient. J'ai toujours eu un grand appétit
sexuel, que je ne pouvais assouvir que via le porno. Ca fait maintenant 3 ans que je vis avec ma chérie. (...) Au bout d'un an elle a commencé à avoir mal pendant les rapports sexuels. (...) Il s'avère que je suis bien porno-addict comme je m'en doutais, et que j'ai rendu ma femme dyspareunique* à force d'insister tout le temps pour avoir des rapports sexuels. Elle me disait tout le temps oui, parce qu'elle se disait que même elle n'en avait pas envie, elle savait qu'en soit ca finirait par lui faire du bien. Résultat son corps dit non à sa place. A présent, au bout de presque 2 ans d'abstinence forcée et de nombreux rejets de sa part (malgré notre amour toujours intact), on arrive à retrouver un début d'intimité. Malheureusement c'est devenu extrêmement contraignant pour moi : position contraignante, rythme extrêmement lent de va-et-vient, pénétration sur seulement quelques centimètres... Je sais que je ne devrais pas me plaindre, que je n'ai que ce que je mérite, et que c'est déjà bien que je puisse à nouveau entrer en elle, mais si ça n'est que sous beaucoup de conditions, mais je suis vraiment à bout de patience... "
Témoignage issu du forum du www.pornodependance.com
* Dyspareunie: douleurs au moment du coït (rapport sexuel) chez la femme sans qu'il existe une contracture de la vulve. Cette douleur peut être permanente ou intermittente. (http://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie/dyspareunie-1552.html) |
C. USER DE PORNOGRAPHIE, EST-CE TROMPER ?
Quand une femme découvre que son compagnon consulte dans son dos des sites pornographiques, nombre d’entre elles se sentent trahies.
En effet, elles ont l’impression d’être trompées
avec ces poupées virtuelles. La pornographie est bien une forme
de relation avec le modèle pornographique, si ce n’est qu’il
n’y a pas, sauf exceptions, le plus souvent réciprocité
dans cette relation.
Sans compter qu’aujourd’hui, le Net donne accès à
une forme plus « active » de pornographie, où le dépendant
devient acteur de son propre fantasme : ce sont les liveshows, où
le consommateur est invité à donner des ordres et à
dialoguer avec le modèle qui se déshabille et se masturbe
devant lui.
TEMOIGNAGES DE COMPAGNES DE PORNODEPENDANTS
Flou, 15 avril 2010 "Je n'en peux plus, j'ai l'impression qu'on s'en sortira jamais. J'ai été trahi plus d'une fois, il m'a fais passer pour une hystérique quand je sentais qu'il s'était passé des choses pourtant j'étais compréhensible, j'étais la pour lui, je lui ai tendu la main, je l'ai écouté mais il a toujours préféré choisir le "porno". Je pleure, je me mutile, j'ai l'impression que je suis en train de mourir tellement la souffrance est difficile. Je manque de confiance en moi, donc du coup une conséquence du porno c'est que je me sens pas à la hauteur par rapport à ces filles qu'il admire tant. Il me dit qu'il me prefere a elles, mais j'ai du mal a y croire." Mimi, 27 avril 2010 "(...) le récit de Flou me ressemble tellement depuis je me sens sale, moche et pas capable de satisfaire mon mari vu qu'il est obligé d'aller cherché son plaisir ailleurs, j'ai beaucoup de mal à l'imaginer devant son site en train de se faire "du bien", ça me dégoûte! (...) pour l'instant on se parle à peine et je fais chambre à part je ne peux pas dormir avec lui cà m'est impossible! J'attends du soutien beaucoup de soutien!!!!!" Jessy, 06 mai 2010 "Je ne sais plus quoi faire alors voici mon histoire... je suis une jeune femme de 21 ans qui est en couple avec un homme de 27 ans, qui a depuis 3 ans un problème de dépendance au cybersexe (...) Il y a 1 ans 1/2 j'ai découvert qu'il payait pour cette pornographie. Je lui ai dit que je n'acceptais pas qu'il paie pour obtenir du sexe! Il m'a dit qu'il allait arrêter. (...) Il y a 5 mois j'ai découvert qu'il payait pour des shows de web-cam ! J'étais tellement en colère que je lui ai dit que je laissais (...) Même si je lui ai fait part de mon chagrin, ça ne change pas, il continue à me le cacher (...) Je suis énormément malheureuse et je n'ai plus confiance en mois, je suis confuse et même dépressive. Oui puis-je voir une lueur d'espoir là-dedans... Notre couple alait à merveille! (...) " Témoignages issus du forum du www.pornodependance.com |
Il est normal qu’une femme se sente trahie lorsqu’elle
découvre que son homme consomme de la pornographie. Il se masturbe
devant ces modèles, ce qui est bien une forme de relation sexuelle.
De surcroît, la pornographie met le dépendant dans une situation comparable à ce qu'il vivrait en ayant une relation extra-conjugale physique: il ment sur son temps de connexion, trouve des prétextes pour échapper aux sorties ou aux occupations habituelles du couple. Il manque de temps pour les moments romantiques avec sa compagne.
Je conseille d’ailleurs à ce titre aux compagnes de dépendants
de se rendre sur l'article Comment
accompagner un dépendant à s’en sortir.
La pornographie peut donc être une source de rupture. Jean-Charles NAYEBI constate une augmentation que les cas de divorces « dû à une cyber-infidélité est, en effet, en constante évolution dans ces pays où le système juridique est réactif. L’évocation moindre des cyber-infidélités en France ne signifie pas une moindre existence, mais une différence de mentalités. » (3)
La plupart du temps, les femmes laissent l’occasion aux hommes d’arrêter
leur consommation : ces derniers n’y arrivent pas, par faiblesse
ou manque de volonté.
Il est à remarquer que lorsqu’on interroge un homme sur la
façon dont il envisage sa consommation de pornographie, il la délie
de tout rapport humain : les femmes qu’ils voient en vidéos
et en photos, celles avec qui il peut chatter, ne sont pas réelles,
il n’y a donc pas tromperie. « Les « trompeurs »
se défendent en se référant à une fidélité
corporelle, orificiaire, qui prétende qu’il n’y a de
tromperie que s’il y a coucherie. Les « trompé(e)s
» arguent en faveur d’une fidelité morale ».
(3)
Or, et c’est une des différences avec l’érotisme,
la part d’imaginaire est si faible, qu’on est bien complètement
dans la relation à autrui.
Le partenaire risque alors de se sentir « délaissé, abandonné, bafoué et humilié sur le plan narcissique » (3)
III. L'EXPOSITION DES MINEURS A LA PORNOGRAPHIE AU SEIN MEME DU FOYER
Tous les spécialistes s’accordent pour dire qu’un enfant, vivant dans un foyer de fumeur, a lui-même de fortes chances de devenir plus tard lui-même fumeur que les autres. Le même raisonnement s’applique à la pornographie.
La
grosse différence avec le tabac, est que, en principe, les parents
n’exposent pas volontairement leurs enfants à la pornographie
(ce qui est de toute manière illégal).
Mais n’espérez pas que vos enfants ne trouvent jamais la
cachette de vos revues, ou le répertoire caché sur votre
PC, ou bien encore le code de la chaîne câblée pornographique
(d’autant plus que nombre de jeunes sont beaucoup plus à
l’aise que leurs aînés avec la technologie).
Il est, dans la nature des enfants, de rechercher l’interdit. D’ailleurs, un bon nombre de consommateurs réguliers de pornographie, ont commencé avec le matériel pornographique que cachait leur père.
En consommant de la pornographie, vous facilitez l’accès de l’enfant à cette pornographie. Vous multipliez les risques d’en faire un dépendant.
Si vous ne souhaitez pas arrêter la pornographie, nous vous conseillons donc de mettre en place quelques règles essentielles de sécurité, de manière à ce que votre enfant ne tombe pas sur de la pornographie au sein de sa propre maison. (voir à ce titre l'article sur les moyens de filtrage)
AFREG - 1ère version de l'article - Mars 2010
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Citations:
01.
Une névrose obsessionnelle aiguë : la pornosphère !
02. Les Accros au cybersexe, Par Stéphane Demers, sexologue. http://www.orroz.freesurf.fr/accros_cybersexe.htm
03. La cyberdépendance en 60 questions,, Jean-Charles Nayebi, Editions
Retz, Collection Santé,2007
04. J.P. Schneidger, « Effects of cybersex addiction on the familiy
: results of a survey », in Sexual Addiction and Compulsivity 7:
31-58, 2000.
05. La Pornographie : un divertissement inoffensif, ou une incitation
au crime ? Fédération des Femmes pour la Paix Mondiale.
06. Défi à la pudeur : quand la pornographie devient l’initiation
sexuelle des jeunes, par Gérard Bonnet.
07. Quand la pornographie nuit à la relation de couple, par Sylvie
Ledoux. Article paru sur le site Service Vie Santé, http://www.servicevie.com/02Sante/Eros/Eros07052001/eros07052001.html
08.La Violence pornographique, par Richard Poulin. Troisième partie : Les effets de la consommation. Chapitre VI : La violence sexuelle. Editions Cabédita, Collections Archives Vivantes.