QUE FAIRE EN CAS DE RECHUTE(S)

 

 

 

I. SAVOIR RECONNAITRE QU'ON A REPLONGE

 

Nombre de dépendants ayant raté une première tentative de désintoxication, sont tentés de dire: "c'est pas pareil, je cherche pas des choses aussi hard qu'avant" ou "c'est juste une fois, de temps en temps". Et ils affirment que désormais, ils sont capables de maîtriser leur consommation. Certains tombent dans l'évident piège de "l'érotisme", qui, aujourd"hui, dans de très nombreux cas, désigne du matériel pornographique qui ne souhaite pas porter ce nom.

 

Ce n'est pas une forme de guérison. Tout comme il n'y a pas de boisson "un peu" alcoolisée, il n'a pas "un peu" de pornographie. Consommer de la pornographie, à "doses plus réduites" n'est pas une solution, et pour deux raisons:

  • le risque de "glissement" est beaucoup trop grand. Souvenez vous, quand vous aviez commencé avec la pornographie, vous alliez au début voir de simples images de femmes dénudées, puis quelques images de pénétrations. Puis quelques plans plus corsés. Et vous êtes arrivés à un tel point, que vous avez compris la nécessité d'arrêter. Pourquoi les choses seraient-elles différentes aujourd'hui? De par votre passif de dépendant, vous serez toujours à deux doigts de replonger complètement. Connaissez-vous beaucoup d'anciens alcooliques, qui "tentent le diable" en passant leurs soirées dans des bars?
  • l'effet psychologique est identique. Les images sexuelles sont celles qui s'imprègnent le plus fortement dans notre cerveau. Toute image à caractère sexuel provoquera donc une sorte de rappel inconscient, de choses plus hard que vous ayez vu. La femme dénudée d'aujourd'hui, vous renvoie inconsciemment aux vidéos hardcore d'hier.

Si vous avez choisi d'arrêter, alors c'est que vous avez choisi de tout arrêter: il n'y a pas de demi-niveau.

 

II. NE PAS SE DECOURAGER POUR MIEUX REBONDIR

 

A. Personne ne vous a dit que ce serait facile, malheureusement !

 

Personne ne vous a dit que ce serait facile, ou évident. Personne ne vous a dit que vous y arriveriez du premier coup.

Lisez le forum de ce site. Vous verrez que nombre d’anciens dépendants, désormais heureux, ont eu besoin de plusieurs tentatives avant d’arriver à arrêter complètement.

Vous n’êtes pas faible. Mais le piège de la pornographie est efficacement resseré, il fait appel aux pulsions sexuelles, ce qui est difficilement contrôlable.

Si vous voulez vraiment y arriver, vous y arriverez forcément, à un moment ou à un autre. Surtout, ne vous dites pas que parce que vous n’y êtes pas arrivé cette fois, vous n’y arriverez jamais. Cette voie est celle de la faiblesse.

 

B. Comprendre les raisons de son échec pour mieux rebondir

 

Pourquoi est-ce que cela n’a pas marché ? Plusieurs raisons peuvent venir, par exemple :

  • Vous vous êtes exposé inutilement à la pornographie. Un fichier oublié sur le PC, une revue que vous n’avez pas jeté … Il est primordial de vous débarasser de TOUT votre matériel pornographique. Si nécessaire, formatez votre PC, brûlez les revues !
  • Vous n’avez trouvé personne à qui parler. Submergé par le manque, vous avez craqué, car vous n’avez trouvé personne à qui parler. Ne restez pas seul. Ici, vous êtes le bienvenue. Vous pouvez m’écrire au mail@mail.mail. Vous pouvez également poster une demande d’aide sur le forum, ou nous faire part de votre témoignage, si cela vous est utile. Si vous ne l’avez pas encore fait, peut-être est-ce le temps de se confier à un ami, ou à un professionnel (thérapeute, psychologue, etc...). Si vous n’avez pas trouvé la bonne personne, cherchez encore.
  • Vous vous êtes dit que, finalement, ce n’était pas si grave. Pourtant, vous savez que si, la pornographie a ruiné une partie de votre vie. Certes, la dépendance à la pornographie n’est pas aussi sérieusement considérée que celle à l’alcool ou aux drogues. Elle n’est pourtant pas moins dangereuse. Ce n’est pas parce que le sexe a une dimension ludique, que votre état doit être pris à la légère. Vous ne vous sentez pas mieux maintenant. C’est la meilleure preuve que vous avez besoin de changer.
  • Un événément dans votre vie vous a affaibli. Alors que vous étiez sur le chemin de la guérison, une rupture affective, un décès vous a « miné le moral ». Cela ne vous autorise en rien à replonger dans la pornographie. Il faut toujours essayer d'affronter tous les problèmes de front, parce que ces derniers sont souvent liés. Par exemple, une rupture peut être causée par votre dépendance. Mais si, et seulement si vous vous sentez submergé par les difficultés, alors hiérarchisez vos problèmes, et affrontez-les un à un. Restez toutefois vigilant à ce que les problèmes que vous mettez temporairement de côté ne s'aggravent pas.
  • Etait-ce de la nostalgie? Il arrive fréquemment que l'état de manque fasse peu à peu place à une sorte de "nostalgie". Disons qu'avec le temps et l'avancée du sevrage, les souvenirs "s'embellissent". On oublie l'irritabilité, la masturbation compulsive, les soirées perdues à surfer sur des sites pornos, l'impression d'être prisonner de sa consommation; on n'oublie pas par contre le ressenti devant le spectacle des corps qui s'ébattent devant nous. Consommer du porno comblait quelque chose: un manque affectif, une solitude, ou tout simplement une curiosité. Parce que le porno, ce spectacle de corps qui jouissent sans faille pour notre seul plaisir, a quelque chose de réconfortant, de rassurant. Une comparaison; nous conservons tous dans notre placard ou notre grenier des vieux vêtements que l'on affectionne, parce qu'elles représentent une partie de notre vie. Notre souvenir se trouve embelli: pourtant, nous savons bien que ces vieilles affaires sont démodées, vieillottes, désormais trop petites. Notre cerveau oppose donc la nostalgie à la réalité de notre situation actuelle. Votre réalité, c'est le sevrage. Un monde où vous savez que le porno vous est nocif, et qu'il vous faut le fuir. N'oubliez pas cette réalité, et chassez tout élan nostalgique de votre esprit à l'avenir. Emplissez-vous à nouveau de ce sentiment de liberté que vous avez sentit naître lorsque les bienfaits du sevrage ont commencé à vous envahir.

C. Changez-vous les idées!

 

A l'issue de votre précédent échec, vous vous sentirez sans doute dépîté, abandonné.

 

Faites une pause. Prenez le temps de profiter de la vie, de faire une autre activité. Prenez des vacances, lancez-vous dans une activité créatrice.

 

Changez-vous les idées, ne restez pas seul à vous morfondre. Fréquentez d'autres personnes, renouez le contact avec des amis perdus.

 

Et prenez le temps de (re)lire l'article "Comment s'en sortir", avec toute l'attention nécessaire. Peut-être êtes-vous passé à côté de quelque chose d'important?

 

D. Repartir du bon pied en fuyant la reconsommation

 

Vous venez de chuter, soit! N'attendez pas pour relancer votre sevrage. Chaque image, chaque contenu que vous visionnerez encore vous éloignera un peu plus de votre objectif ultime: le sevrage définitif.

 

Certains dépendants qui font face à une rechute, ont tendance à tomber dans une zone d'orgie d'images; leur consommation de porno atteint des pics inégalés, ruinant les efforts précédemment réalisés. Certains agissent ainsi par découragement, se disant que quitte à rechuter, autant le faire franchement. D'autres prétendent rechercher une "surdose", qui les motiverait à rebondir.

 

Quelque soit les raisons par lesquelles on entend la justifier, cette reconsommation est dangereuse. N'oubliez pas que les images pornographiques sont celles qui perdurent le plus dans l'esprit. Ce type d'image est terriblement attirant, et pour cela très hautement addictif.

 

En tant que dépendant, vous n'atteindrez jamais de point "limite", ou vous seriez définitivement gavé de pornographie. Tout simplement parce que ce point limite n'existe pas!

 

Se sevre-t-on plus facilement du tabac après avoir fumé un paquet entier, ou seulement une seule cigarette ? La réponse est évidente....

 

Vous étiez dans une dynamique positive de sevrage, la mécanique est simplement sortie de ses rails. A vous de retourner sur la voie le plus rapidement possible pour profiter au mieux des effets bénéfiques déjà accumulés.

 

III. REDOUBLER D'EFFORTS POUR MIEUX Y ARRIVER

 

A. Transformez votre PC en forteresse anti-pornographie

 

La rechute arrive le plus souvent par le biais de l'ordinateur de la maison ou du bureau. Vous aviez sans doute pourtant bien effacé de l'historique et de vos favoris tous les sites X que vous fréquentiez; et vous aviez tout aussi probablement supprimé tout contenu pornographique de votre disque dur.

 

Oui mais voilà, au détour d'un surf anodin, une fenêtre pop-up s'est ouvert sur un site explicite. Ou bien entre 12h et 14h, vous passiez le temps devant votre écran, faute d'avoir mieux à vous occuper. De fil en aiguile, de site ou site, il vous est proposé des liens vers des contenus à caractère sexuel.Vous n'avez rien demandé, et vous voilà soumis à la tentation. Vous vous retrouvez en situation de fragilité, typiquement propre à entraîner une rechute.

 

La solution est évidente: il faut à tout prix éviter que de telles situations se reproduisent. Comme on ne va pas vous demander de vous passer d'Internet, il va falloir transformer votre PC en forteresse anti-pornographie.

- Installez un logiciel de contrôle parental, si vous ne l'avez pas encore fait. L'article sur "Les moyens de filtrage contre la pornographie" vous donnera plus d'informations à ce sujet.

- Il existe aujourd'hui différents logiciels de compteurs pour les fumeurs en cours de sevrage, comme par exemple le freeware STOP IT. Ces logiciels calculent en arrière-plan le nombre de jours écoulés depuis la dernière cigarette du fumeur. L'idée étant qu'en voyant inscrit la masse des efforts accomplis, le candidat au sevrage résiste à la rechute. A défaut d'un logiciel de ce type contre la pornographie, je vous invite à télécharger gratuitement STOP IT, et à l'adapter à votre consommation de pornographie. Ce logiciel a l'avantage d'être très léger, il ne ralentira donc en rien l'utilisation de votre ordinateur.

- Vous pouvez aussi faire en sorte que votre ordinateur affiche au démarrage une phrase, un slogan de combat, dans lequel vous irez chercher des forces en cas de doute. Ce slogan peut être inscrit en fond d'écran de votre ordinateur, ou bien se trouver dans un fichier .txt qui s'ouvre au démarrage de la machine.

 

Vous trouverez peut-être ces mesures quelque peu handicapantes, notamment si vous devez partager votre ordinateur avec d'autres personnes. Les logiciels de filtrage, qui ne sont encore parfaitement au point, risquent aussi de bloquer des sites au contenu anodin.

Le sevrage idéal serait celui qui n'entraîne ni frustration, ni entraves. Autant dire que le sevrage idéal n'existe pas! Vous devez redoubler d'efforts afin que cette rechute, soit la dernière. Ces quelques mesures, aussi contraignantes peuvent-elles paraître, seront peut-être celles qui feront que vous ne rechuterez plus..

 

B. Fuyez les tentations!

 

Nombre de dépendances recommencent, suite à un contact apparemment sans gravité du dépendant avec "l'érotique" ou le"sexy". Cela peut être une publicité un peu aguicheuse, ou une scène trop osée dans un film "grand public".

 

Ne perdez pas de vue qu'en tant que dépendant, vous êtes en proie à une certaine fragilité, et que la moindre sollicitation d'ordre sexuel est susceptible de vous faire replonger. Un peu à la manière des anciens fumeurs, tentés par une odeur de tabac.

 

Or, et ce n'est pas nouveau, nous vivons dans un monde hypersexualisé, où les sollicitations sont nombreuses. Rien ne vous oblige à supporter cela. S'il s'agit d'une publicité, il vous suffit de regarder ailleurs. S'il s'agit d'un film comportant une scène trop explicite, vous êtes tout aussi libre de tourner la tête et d'attendre que "cela" passe. Et rassurez-vous, vous comprendrez tout aussi bien l'histoire :-)

 

C. Renoncez aux faux palliatifs que sont les produits dits "érotiques"

 

Certains dépendants, de manière plus ou moins insconciente, vont se replier sur des formes atténuées de pornographie. Cela peut être des programmes dits "érotiques", certains mangas ou des sites de photo.

Ici, le cerveau du dépendant cherche une compensation même "bas de gamme" à l'arrêt de la consommation de X. Exactement à la manière d'un alcoolique qui, gérant encore difficilement sa sobriété, serait prêt à boire n'importe quel alcool pour retrouver un peu des "sensations perdues".

 

Ne perdez pas de vue la dangerosité des contenus "érotiques". Il serait vain de croire qu'une "simple" photo de charme, ne puisse pas vous amener à replonger. Souvenez-vous qu'en tant que dépendant, votre psyché tend à vouloir "pornographiser" chaque situation. Un membre du forum témoignait même ressentir des sollicitations pornographiques en surfant sur un site de photos d'actrices, dont X, mais dénuées de toute portée pornographique. L'esprit de ce dépendant, reconnaissant telle ou telle personnalité, refaisait monter à la surface les souvenirs des films vus, ce qui réenclenchait chez lui le mécanisme de l'addiction.

 

Soyez honnêtes avec vous-même. Vous savez que si votre esprit vous pousse vers tel ou tel type de contenu, c'est bien afin de pallier les effets de manque. Soyez intraitables. Le sevrage ne se fait pas à moitié! En maintenant une excitation pornographique, même à partir de supports jugés moins sensibles, vous continuez à entretenir la mécanique de la dépendance, et empêchez l'accomplissement de votre sevrage. Vous restez ainsi perpétuellement à la merci de toutes les sollicitations .

 

CETTE FOIS, VOUS Y ARRIVEREZ! IL FAUT Y CROIRE !!!

 

AFREG - 4ème version de l'article - novembre 2012.

 

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