LA PORNOGRAPHIE EST REACTIONNAIRE

 

 

I. LA PORNOGRAPHIE, OBJET DE CONVOITISE AU COEUR DU CONSUMERISME

 

A. DE LA FIN DU MYTHE DE LA SUBVERSION...

 

"Les image sexuelles s’échangeaient naguère « sous le manteau », et ce manteau était déterminé par la loi. Loi qui n’exprimait elle-même que l’ensemble des interdits religieux, moraux, sociaux frappant la représentation de la sexualité. La pornographie classique était un langage de l’ombre et du mystère. Elle exprimait le défendu et l’ilicite, le hors-la-loi" (1)

 

La pornographie n'est pas née à la fin du siècle dernier; néanmoins, jusqu'au début des années 70, sa diffusion restait très limitée. Au sein de réseaux d'initiés, quelques afficionados s'échangeaient le plus discrètement du monde un contenu le plus souvent amateur. En l'absence alors d'une industrie de la pornographie de masse, les voies d'accès aux contenus sensibles restaient essentiellement confidentielles. Et surtout, consommer de la pornographie était socialement très mal vu, voire suspect: on se vantait donc rarement d'apprécier ce type de contenu, encore moins d'en posséder chez soi. Cette confidentialité s'expliquait par les tabous sociaux d'alors, très marqués envers les "choses du sexe". On parlait très peu de sexualité au sein des foyers, le plus souvent par gêne, honte ou méconnaissance.

 

Mais à partir des années 1970, va commencer à souffler en France un vent nouveau, celui de la révolution sexuelle, et de manière générale, celui de la libération des moeurs. Dès lors, tout ce qui revêt un caractère subsversif apparaît désormais "dans l'air du temps". La pornographie se situe dans ce sillage: dans les années 70, consommer du porno est un signe de rébellion contre "'l'ordre établi", sa morale et sa censure. Certains disaient alors que consommer de la pornographie, c'était se prononcer en faveur d'une certaine forme d''émancipation sexuelle, incarnée par une floppée de jeunes réalisateurs.

 

Le porno comme bras armé de la révolution sociale, en quelque sorte? Patrick Baudry se réfère ainsi à José Bénazéraf, réalisateurs de films X qui à l'époque, faisait "dire à ses acteurs des tirades politiques" (2), comme pour inscrire sa production dans le contexte général des lutte et des revendications du temps. L'un de ses films, par exemple, commence par deux acteurs échangeant sur le message porté par la dernière oeuvre politique du philosophe Bernard-Henri Lévy - ce qui ressemble cependant plus à un insert brouillon qu'à l'intégration d'une véritable message politique au film. .Aux Etats-Unis, Hugh Hefner, richissime fondateur du magasine Playboy, réinvestit alors une partie de sa fortune dans des actions en justice contre les lois qu'ils estiment "liberticides " - et dont nombre d'entre elles nuisent à l'expansion de son fond de commerce (3)

 

En France, certains vont même associer les termes "pornographie" et "féminisme", prétextant que montrer une femme nue ayant des rapports sexuels, serait un signe de la libération de la condition de la femme. Du porno féministe? Oui, cela serait possible, si l'on croit Brigitte Lahaie, ancienne actrice reconvertie en sexologue et animatrice radio, qui explique non sans nostalgie que "le porno avant, c'était pour prouver qu'une femme peut faire l'amour librement". Dans les années 70, le féminisme est une idée redécouverte qui a le vent en poupe, et qui incarne le progrès: l'industrie pornographie a tout intérêt à s'y rattacher, afin d'en tirer d'une certaine caution morale apte à faire sauter ce qui reste -encore! - de verrous éthiques et moraux à sa consommation. On se garde bien alors de s'attarder sur le chiffre d'affaires généré par les productions porno, à une époque ou les complexes cinématographiques peuvent encore mettre à l'affiche des films X - quelques uns, dont le célébrissime Emmanuelle*, devenant des succès du box-office.

 

Egalement, certains réalisateurs de X croient à cette époque que le cinéma pornographique ne sera pour eux qu'une étape vers le cinéma "traditionnel". Ils voient le porno non pas comme un "genre" isolé, mais une catégorie de films parmi d'autres; il serait donc théoriquement tout à fait possible d'y faire ses gammes, avant de devenir le nouveau François Truffaut. Cette idée aujourd'hui, ferait largement sourire! Car aucun réalisateur, acteur ou actrice s'étant fait un nom dans le cinéma X, n'a réussi à percer de manière durable dans le cinéma traditionnel. Quand un acteur porno se retrouve dans une production classique, c'est bien souvent pour assurer les scènes crues de films particuliers, à l'instar de Romance (avec Rocco Siffredi) ou Baise-moi (dont l'ensemble des rôles principaux sont tenus par des acteurs ou anciens acteurs de X). "Le porno, c'est la case d'arrivée au porno, et c'est tout", comme le rappelle Patrick Baudry (2)

 

 

B. ... A L'AVENEMENT DE L'AGE DE LA CONSOMMATION DE MASSE

 

La culture du vide

 

«  Nous sommes devenus une culture fortement sexualisée, mais c’est le consumérisme et le sexe combinés. Les mouvements révolutionnaires tendent à être cooptés – engloutis par le courant majoritaire et tarnsformés en pop culture. C’est une manière de les neutraliser, quand on y pense… ça les rend tous sans danger et acceptables, ça ferme la bouche aux radicales. Une fois que cela arrive, le vrai pouvoir est en grande partie perdu." - Candida Royalle, ancienne actrice pornographique américaine (03)

 

Au lendemain des années 70, le porno a la gueule des bois. Les années 80 vont avaler la révolution sexuelle, puis standardiser, capitaliser tout ce qui hier représentait l'interdit. Le sexe ne sera désormais plus synonyme de contestation: le cinéma, la publicité, les magasines, vont tous tour à tour à tour intégrer les représentations érotiques des corps entrelacés. On parle désormais de sexualité plus librement dans les médias, la libération sexuelle a "gagné", mais uniquement en apparence; car cette victoire est avant tout celle du capitalisme. Le porno s'est vidé de tout son potentiel révolutionnaire, et ne porte désormais plus de message, si ce n'est la promesse du bonheur par l'achat. Le porno s'exhibe dénudé de ses oripeaux contestataires, et est enfin vu comme ce qu'il a toujours plus ou moins été: une représentation crue de la sexualité, à simple visée de stimulation sexuelle. Et la vision des corps faisant l'amour, cela choque de moins en moins à partir des années 1980.

 

Parler sexe n'est désormais plus transgressif, parler sexe devient dogmatique. Hier, ceux qui exprimaient leur intérêt pour la sexualité étaient suspects. Désormais, tout le monde parle "sexe": parler sexe est tendance, parler sexe est cool. Se montrer méfiant vis à vis de la sexualition galopante de nos sociétés est signe de réactionnite aigüe.

 

L'alibi de la transgression a bel et bien été digéré. Les grosses maisons d'édition de contenu X ont à leur tête non pas de vieux révolutionnaires, mais bien des as du marketing. "Les multinationales de la pornographie sont côtées en Bourse", rappelle Xavier Deleu (5). Le sexe n'est plus qu'un business comme un autre, et nombre de ses champions seraient tout à fait capables de se reconvertir dans des entreprises plus conventionnelles si le vent venait à tourner. A la manière des reconversions des anciens du Minitel Rose, tel l'emblématique Xavier Niel**.

 

Consommer, tu dois !

 

Consommer de la pornographie n'est ni un besoin vital, ni un désir spontané. Les hommes et les femmes n'ont pas attendu d'avoir des appareils photos, des caméscopes et une webcam pour faire l'amour. Aussi, comme tous les désirs qui ne sont pas naturels, ils doivent être suscités... "le besoin crée l'envie et l'envie le besoin, alors cherchons encore comment aller plus loin" chantait Matmatah...

 

Ainsi, si les gens ne consomment plus de porno pour goût de la transgression, alors il faut qu'ils en consomment par goût tout court. A partir des années 1990, la pornographie va s'inscrire dans une très conventionnelle démarche économique de séduction du plus grand nombre. On va commencer à parler d'une industrie du X, dotée de ses hérauts, de ses codes, d'un désir d'étendre son public à la masse. La pornographie a maintenant ses lieux de diffusion privilégiés, ses icônes passent désormais à la télévision dans les plateaux de deuxième partie de soirée. Clara Morgane vend des calendriers sexy, Tabatha Cash parle sexualité avec les jeunes sur la radio Skyrock en 1994 et 1995, et Estelle Desanges lit des textes érotiques chez Frédéric Beigbeder, dans l'émission "Des livres et moi", de 2001 à 2003

 

Cette pornographie new look ne transgresse plus rien du tout, et finalement depuis longtemps. Elle n'est qu'accumulation de scènes de sexe, sans message, sans discours, sans même le moindre désir de choquer. "Le monde pornographique est calme et il n'a rien à dire", explique Patrick Baudry (2). Il n'y a pas de surprise, pas de message à retenir de ces parties de jambes en l'air devant objectifs, de ces scénarios improbables ou de ces dialogues ridicules. Prenons une métaphore. Imaginez un film qui s'appelerait "Le train", et dans lequel durant 90 minutes, vous verriez défiler devant vous un train donc, avec ses passagers, son équipage. Imaginez maintenant qu'aucun de ces personnages ne parle d'autre chose que de son trajet en train, comme si les voyageurs ne pouvaient exister en dehors des wagons. Ennuyeux? Mortellement creux? Oui, sans doute. Mais c'est pourtant cela que propose la pornographie: un métrage pelliculé de personnages qui n'existent pas en dehors de la sexualité qu'ils affichent à l'écran. Ajoutons à cela que les réalisateurs de films porno ont (très) rarement l'inspiration d'un Spielberg ou d'un Scorcese, ni le budget d'un blockbuster hollywoodien.

 

Pour analyser la pornographie, Patrick Baudry parle non plus "d'immoralité", mais "d'a-moralité" (5). Voilà bien la question au coeur de la pornographie: elle n'incarne rien, ne proteste contre rien, ne promeut rien. Elle n'est ni "bonne", ni "mauvaise". Elle "reprend tous les paradigmes de l'économie de marché: performance, rendement, productivité, optimisation des résultats" comme le synthétise l'essayiste Elisabeth Weissman (6)

 

Le chiffre d'affaires de la pornographie reste toujours difficile à quantifier. Il en est en effet très difficile d'estimer combien rapporte la masse de micro-sites se finançant par des régies publicitaires ou par des systèmes de micro-paiement type Allopass. Les chiffres d'affaires des contenus illicites sont également totalement inconnus. En 2002, le journaliste Xavier Deleu annonce un chiffre d'affaires mondial aux alentours de 50 milliards de dollars, dont 1 milliard et demi pour le seul territoire français (5). Cela place la pornographie au troisième rang mondial des industries de loisirs, derrière les jeux vidéos et le cinéma dont les chiffres d'affaires mondiaux oscillent entre 80 et 100 milliards d'euros (7)

 

 

 

C. LA MORT DE L'ART: ET L'INDIFFERENCE FUT

 

La mort de l'art

 

"Le sexe a un énorme avantage sur l'amour: on peut le fabriquer en série, en faire un produit qui se monnaie, se commercialise" (2)

 

"Une consommation sexuelle qui entretient la frustration? Une addiction? Un vice? Peut-être, mais les webmasters X ne sont pas les Petits Frères des Pauvres... Ce sont avant tout des businessmen décidés à gagner un maximum d'argent" (8)

 

Toute activité économique, pour prospérer et rester rentable, doit adopter un standard de codes aptes à séduire la masse, à générer un concensus le plus large possible autour de son produit.

 

Une fois annihilé l'alibi artistique, la pornographie contemporaine se met à enchaîner de films en films les mêmes exercices, les mêmes figures imposées. Certains réalisateurs expliquent qu'ils font avec les moyens du bord, et déplorent bien volontiers la taxation élevée des fims pornographiques***. D'autres, plus francs quant à l'utilisation faite de leurs produits par leur public, s'avouent plus volontiers fabricants de machines à branlette que cinéastes d'auteurs. Quelques isolés essaient encore de convaincre leurs spectateurs d'un pseudo caractère artistique de leur production.

 

De toute manière, le public amateur de porno ne lance pas la lecture d'un DVD ou d'un fichier AVI pour être perturbé dans son excitation. Le spectateur ne cherche pas l'originalité, il veut de l'excitation 100% garantie afin de satisfaire un désir immédiat. La majorité du temps, la durée moyenne de visionnage d'une scène X n'est que de quelques minutes, le temps pour son spectateur de se masturber et d'arriver à l'orgasme. Rares sont ceux qui regardent l'intégralité de l"'histoire" se déroulant devant eux. D'ailleurs, qui a déjà eu envie de connaître la fin de l'histoire d'un film porno ?

 

"Si nous reconnaissons que la sexualité est personnelle et unique, cela deviendrait trop complexe. Transformer le sexy en quelque chose de simple, de quantifiable, le rend plus facile à expliquer et à mettre sur le marché. Si vous ôtez le facteur humain du sexe et en faites un commerce - de gros nichons refaits, des cheveux blonds, des ongles longs, des barres, des strings - alors vous pouvez le vendre" (3)

 

Le sexe est aujourd'hui analysé, disséqué, médicalisé. Les magasines publient des "sexo-tests", pour permettre au lecteur d'évaluer sa performance et son potentiel sexuel, à grands coups de complexantes grilles de comparaison. On saupoudre plus ou moins lourdement du sexe sur tout ce qui peut se vendre, sans que cela n'émeuve plus grand monde. La sexualité a été dépouillée de toute sa dimension humaine pour devenir une gamme marchande parmi d'autres. Une stérilisation du sexe, nécessaire à faciliter sa consommation de masse.

 

Et l'indifférence fut

 

Il est également aujourd'hui couramment admis, qu'il serait possible de TOUT représenter, absolument TOUT, tant que cela se fait avec le consentement de l'individu. La morale, l'éthique, les valeurs sont des notions auxquelles on semble désormais se refuser.

Il est intéressant de voir que les seules productions cinématographiques ayant suscité ces dernières années, un tant soit peu d'indignation dans la torpeur ambiante, sont toutes des productions relevant du cinéma classique.

Mais ces mêmes films, s'ils avaient "bénéficié" d'un classement X, n'auraient pas suscité de débats, alors que leur contenu aurait été parfaitement similaire. Par exemple, pour le film Baise-moi, la polémique a été éteinte quand le film a été classé "interdit aux moins de 18 ans" (manoeuvre politique rangeant dans l'opinion le film au rang des oeuvres licencieuses, sans avoir toutefois à statuer sur son caractère ouvertement pornographique)

Tout semble donc possible dans le X. Mais qui cela trompe-t-il? Sommes nous assez hypocrites pour nous prétendre dans une société protégée des images dangereuses, par l' apposition d'un logo "Interdit au moins de 18 ans" en bas d'écran? Sur la Toile, les sites Internet se protègent d'éventuels tracas juridiques avec le très cynique "disclaimer", où le visiteur est invité à déclarer si ou non il a bien atteint l'âge de la majorité. N'importe quel adolescent qui veut accéder au contenu pornographique a alors simplement à se prétendre majeur. De toute façon, juridiquement ce système n'a aucune valeur, le consentement du mineur n'étant justement pas considéré comme éclairé sur de telles questions.

Certes, des systèmes plus contraignants existent (notamment les systèmes AVS - Adult Verification System) basés sur l'enregistrement d'une carte bancaire par l'utilisateur) mais la rationnalité économique ne pousse pas à la restriction de l'accès aux sites X.

 

 

II. LA PORNOGRAPHIE IGNORE LA NOTION D'EGALITE SEXUELLE

 

A. UNE SEULE REPRESENTATION DE LA SEXUALITE: LA DOMINATION VIOLENTE DU CORPS FEMININ PAR L'HOMME

 

La pornographie, pour la quasi totalité de son contenu, dépeint une sexualité tournée autour du plaisir de l'homme, et conçue pour plaire à l'homme. Les espaces d'expression d'une pornographie mettant en valeur la sexualité féminine sont rares, et même anecdotiques en terme de volume de production. La pornographie est donc bien avant tout, en discours et en masse, la représentation d'une sexualité phallocentrique et violente.

 

Et encore, la façon dont le porno imagine la sexualité des hommes est bien médiocre: elle se voit réduite aux seuls aspects de rapports de force entre les deux sexes, à une sorte de combat de la virilité contre la fémininité. Quasiment tout le porno, affirme que l'homme ne peut prendre du plaisir que dans la domination et la violence des corps.

Ainsi:

- La sexualité des films pornographiques montre systématiquement une femme soumise, docile et perpétuellement consentante à tous les assaults de son ou de ses partenaires masculins. La libido féminine n'existe donc que dans le prolongement de celle de l'homme.

- L'homme est toujours amateur d'une sexualité violente exercée sur un corps féminin perpétuellement passif. Les rapports sexuels hors de ce contexte de violence sont très rarement représentés; ceux qui montreraient des hommes soumis sont quasi inexistants, sauf niches très spécifiques pour un public averti.

- La sexualité est toujours présentée hors de tout cadre affectif (inutile de s'aimer ou de s'apprécier pour baiser) et même hors de tout cadre social (le plus souvent, le simple nom des personnages n'est même pas connu).

- La sexualité est toujours essentiellement orificaire. La majeure partie des scènes inclut fellation, pénétration vaginale et généralement désormais une pénétration anale. A l'inverse, les caresses préliminaires à l'acte, et la masturbation de la femme sont peu représentées. On ne représente quasiment jamais non plus, la détente des corps après l'acte.

- Les paroles échangées entre les partenaires sont réduites à leur minimum; lorsqu'il y en a, il s'agit le plus souvent d'insultes ou de termes vulgaires censés exciter le partenaire féminin. On ne s'intéresse jamais à savoir ce que l'autre voudrait: au mieux l'informe-t-on en termes orduriers de ce qu'on s'apprête à lui faire.

- Il n'y a ni faiblesse ni panne des corps dans la pornographie. L'homme maintient une érection pendant l'ensemble du rapport, aucun des partenaires ne semble avoir besoin de temps de pause. Les rapports sont présentés comme pouvant durer des heures et des heures.

- La femme jouit systématiquement, grâce à la "virile capacité" de son amant à la dominer et à la malmener. Cette jouissance est toujours extraordinairement visuelle: visage défiguré, bouche amplement ouverte, cris outranciers. Le message est le suivant: la femme a besoin qu'on la malmène pour jouir, et adore remercier son amant en le lui montrant. Celui-ci, en retour, se voit donc inviter à faire preuve d'encore plus de rudesse envers sa partenaire.

 

La sexualité montrée par le porno est donc bien celle d'une soumission du corps féminin à un homme-membre, chantre d'une virilité-cliché. Dans le porno, la femme n'est absolument pas maîtresse de son corps; elle en cède le droit d'usage total aux hommes.

Il n'y a donc aucune forme de subversion dans ces démonstrations de coïts à la chaîne, mais bien un "retour à la tradition sous le sceau d'un néo-libertinage au féminin", comme le rappelle l'essayiste Fulvio Caccia (9) , ou bien encore "une sexualité libérée définie à l'aulne des critères valorisés de la sexualité masculine (diversité des expériences, sexualité récréative sans engagement affectif)" pour citer l'essayiste Elisabeth Weissman (6)

 

Pour plus d'informations à ce sujet, je vous invite à prendre connaissance de l'article "Les représentations pornographiques I: une sexualité phallocratique et violente"

 

B. LA CHIMERE DU "PORNO POUR FEMMES"

 

 

Qu'est-ce que le "porno pour femmes" ?

 

En terme de volume échangé, que ce soit à la télévision, en DVD ou sur Internet, la victoire du porno hard est écrasante. Mais quelques irréductibles gaulois du cinéma porno, croient encore pouvoir prouver qu'il soit possible de proposer un contenu différent.


Ces derniers partagent l'analyse précédemment développée: la pornographie, telle qu'on la diffuse massivement aujourd'hui, est une "pornographie pour hommes": faite par des hommes, pour des hommes, et surtout qui exalte une certaine vision de la virilité suintant le musc et la testostérone.

Conséquence: la consommation de pornographie par les femmes reste faible, car ce qu'on leur montre est de fait loin, très loin de leur parler ou d'être apte à les exciter.

 

De ce constat (re)naît l'idée chez certains de proposer un "porno pour femmes", doté de codes différents. Le porno pour femmes affirme correspondre au plus près du désir, tel que les femmes aimeraient qu'il soit représenté. Si les formes que prenne ce porno pour femmes peuvent varier d'une réalisation à une autre, quelques grandes lignes communes se dégagent.

- Le recours à la violence doit être beaucoup plus rare, plus mesuré, et ne doit pas véhiculer un message irrespectueux envers les actrices.

- Les scènes sexuelles doivent être représentées dans leur globalité et non plus seulement par les seuls actes de pénétration. On va ainsi s'intéresser aux préliminaires, aux caresses, aux paroles échangées, et aussi à la détente des corps après l'acte sexuel.
- Les décors, la mise en scène, les dialogues et l'intrigue doivent essayer de se rapprocher de ceux des films conventionnels - du moins plus que ne le font les films porno "pour hommes". Il s'agit essentiellement pour les réalisateurs, de convaincre le public que pornographie et vélléités esthétiques ne sont pas des notions incompatibles.

- La sensualité des corps ne se réduisant pas qu'aux seuls organes sexuels, les plans gynécologiques systématiques doivent être évités.
- Les physique des acteurs et des actrices peuvent être éventuellement plus communs, plus proches de M. et Mme Tout le monde que ne le sont ceux des performeurs habituels du X.

 

Un contenu vaguement inspiré par le discours féministe

 

Enfin, et pour asseoir définitivement une différence avec les films "pour hommes", on peut éventuellement tenter d'y rattacher un discours féministe plus ou moins inspiré.

Il est vrai que dès les années 1980, les américaines, parmi les pionnières du genre (notamment Alice Sprinkle et Candida Royalle) se proclamaient à la fois pornographes et activistes féministes. En France, l'ex-actrice X et désormais réalisatrice Ovidie veut aussi endosser les deux étiquettes (12).

 

On retrouve ici une logique déjà observée dans les années 70, lors de l'âge d'or des salles de cinéma porno: on associe une valeur morale positive (le féminisme) à l'industrie de la pornographie, afin que cette dernière puisse gagner en respectabilité, et séduire un public jusqu'alors réticent à sa consommation.

 

La différence cependant, est qu'aujourd'hui, le message féministe, laminé par de nombreuses divisions idéologiques, n'est plus audible. Rien que sur la question du porno, les féministes pro-porno s'opposent aux anti. La caution féministe est donc loin d'être aujourd'hui porteuse pour le porno, comme elle l'a pu l'être dans les années 70.


D'un côté donc, un "porno pour hommes", rude, violent, sans fioritures. Et de l'autre, un "porno pour femmes", romancé, plus esthétique, plus "affectueux". Aux femmes les jolies choses, aux hommes la rudesse gaillarde. Féminité versus virilité. Une dichotomie incroyablement sexiste, qui sous-entend à la fois que les femmes sont incapables d'apprécier de la violence dans la pornographie, et que les hommes ne sont que des machines bourrines avides de sexe bestial!

 

Ne nous leurrons également pas: derrière les volontés éthiques et artistiques, certes souvent sincères, se cache aussi un intérêt financier. Ce porno pour femmes est la porte d'accès potentiel au public féminin, qui ne consomme qu'à la marge les produits hardcore du temps. Un marché au potentiel juteux, surtout dans un contexte de crise économique qui frappe aussi l'industrie pornographique.

 

Pourquoi les films pornographiques "pour femmes" n'en séduisent pas le plus grand nombre

 

Divers réalisateurs - le plus souvent d'ailleurs des réalisatrices - se sont déjà lancés sur le créneau, avec des productions plus ou moins crédibles. Mais le fait est, qu'à l'heure actuelle, dans l'océan format triple X de la pornographie, les productions estampillées "pour femmes" ne sont que des gouttes d'eau. Aucune de ces productions "porno-équitable"n'a amené un nouveau public féminin vers le porno. On est loin, très loin de la grande conquête du coeur, du désir et du porte-monnaie des femmes dont rêvent ses promoteurs.

 

Il y a peut-être un problème d'équilibre à trouver. Ovidie, cité par Elisabeth Weissman (7) prend comme exemple le cas de certaines productions allemandes, certes précurseuses, mais où on voit "Le zob remplacé dans la bouche d'une fille par une banane ou une courgette avec en prime des yeux de merlan frit". Un porno qui, à force de vouloir bannir tout soupçon de violence, a fini par perdre une bonne part de son sex-appeal.

 

Mais peut être aussi que le concept même de "porno pour femmes" est une impasse. L'idée qui mue tous ces réalisateurs ambitieux, est que le désintérêt de la majorité des femmes pour le porno vient de la seule médiocrité des contenus actuellement proposés. Ils sont donc convaincus que si on soumettait aux femmes un porno qui leur correspond, elles en consommeraient, forcément.


Mais on peut aussi supposer que le concept même de pornographie, n'est pas autant excitant pour les femmes qu'il peut l'être pour les hommes. Que le porno soit "pour hommes" ou qu'il se dise "pour femmes", regarder derrière un écran de parfaits inconnus s'envoyer en l'air n'est peut être pas le moyen le plus prompt à susciter un réel désir féminin.


Quant à la part, réduite mais existante de femmes amatrices de porno, elles ont depuis belle lurette appris à trouver leur intérêt dans les réalisations qui plaisent aux hommes Elles ne sont donc elles-mêmes pas forcément désireuses de produits édulcorés.

 

Quoiqu'il en soit, en l'absence de succès marquants aptes à faire connaître et décoller le genre, le "porno pour femmes" reste un "ghetto du X", une niche pour amatrices averties. Et il le restera probablement, car ses ambitions esthétiques le conduisent à des prétentions budgétaires que peu de distributeurs veulent ou peuvent se permettre - surtout dans un contexte de crise du cinéma qui touche aussi le porno.

Rappelons que l'une des raisons de l'invasion des films gonzo (scènes sexuelles hard sans aucune forme de mise en scène) et des scénettes déscénarisées sur Internet, est la très forte rentabilité, ces contenus ne coûtant presque rien à produire: le porno pour femmes, parce qu'il aime le luxe autant que la luxure, nage à contre-courant.

 

III. LA VALSE DES CLICHES

 

A. DES FANTASMES ECULES

 

La particularité des films pornographiques est que leur vision ne se fait pas "en continu". Les consommateurs démarrent rarement un film avec l'idée de le regarder jusqu'à la fin. Voir un film pornographique, pour l'immense majorité des spectateurs, c'est ne rester devant son écran que quelques minutes, le temps que l'excitation montre suffisament pour se masturber.

 

Aussi, afin de pouvoir capter le public le plus large possible, et afin de le séduire le plus rapidement possible, la pornographie doit faire appel à des clichés connus, autour desquels le consensus se fera immédiatement. Ainsi, au top des mises en scène, nous avons notamment la dépucelage, le fantasme de la trangression de classe, les lesbiennes, le sexe avec une inconnue et la relation à trois. Rien de nouveau sous le soleil! La pornographie n'est pas avant-gardiste. Elle n'a pas vocation à être créatrice, ou novatrice, et n'est en rien révolutionnaire.

 

B. TU SERAS VIRIL, MON FILS

 

Vous constaterez que, dans les productions porno mainstream (destinées à la part la plus large du public), il n'y a JAMAIS d'hommes sexuellement soumis. L'homme dans le porno doit être par viril, donc dominateur. Les rôles sont déjà connus avant même le scénario: les hommes sont les dominants, les femmes sont leurs dominées. Pas de négociation possible sous un autre horizon.

 

Dans le même esprit, il n'y a évidemment pas de non plus de femmes dominatrices dans les productions porno mainstream ("grand public"). Si elles sont assez régulièrement à l'initiative des rapports sexuels, elles restent perpétuellement soumises dans leur pratique de la sexualité. Ainsi les scènes de maîtresse sado-masochisme, ou de "girls fuck guys", sont complètement absentes du porno mainstream; alors que la sodomie pratiquée sur les femmes est une pratique complètement généralisée. Tout ce qui pourrait représenter un affaiblissement de la toute puissance virilité masculine, n'a pas sa place dans le porno mainstream.

 

 

C. DES STEREOTYPES RACISTES

 

La pornographie est un pur produit de la société de consommation libérale. A l'instar de barils de lessive ou de pots de yahours, on la décline pour tous les goûts.

 

Les produits du porno, ce sont les corps de femmes. L'organisation dans les rayons du grand marché pornographique, se fait donc de plus en plus par typologie de corps "prêt-à-baiser". On va ainsi retrouver des espaces spécialisées dans les femmes corpulentes, les femmes âgées, les femmes poilues, les naines, etc.

Le classement par type ethnique n'échappe pas à cette règle. On va donc retrouver des sites spécialisées dans le "porno asiatique", le "porno indien", le "porno latina" ou bien encore le "porno black". A chaque fois, le classement se fait en fonction des couleurs de peaux des jeunes femmes exhibées - avec une nuance pour le "porno black", qui regroupe à la fois le contenu exhibant des femmes à la peau noire, mais aussi les images et vidéos dont les acteurs masculins sont de couleur.

 

Le contenu mélangeant des acteurs des différents types ethniques est lui-même un genre à part entière: en France, on le nomme "porno interracial", traduction mot-à-mot de l'anglais "interracial pornography".

L'expression française, à elle seule, démontre toute l'obscénité de la conception de ce type de production en tant que segment de marché. Interracial signifie littéralement "entre races"; or, en France, le mot "race", quand on l'applique aux hommes, possède d'une connotation péjorative reconnue. J'ai beau chercher dans la langue de Molière une autre expression moderne où "inter-racial" ou même "racial" serait utilisé pour qualifier le genre humain, je ne vois pas.

 

Plus affligeant encore: l'utilisation du mot "nègre" dans la pornographie. En langue française, le terme est nettement dépréciatif, et sa connotation raciste est connue (à part quelques cas particuliers notamment en littérature). On trouve donc relativement rarement de contenu pornographique qui utilise de manière franche le terme "nègre" dans sa publicité.

Cependant, si l'on tape "porno nègre" sur un moteur de recherche, on s'aperçoit que de nombreux résultats sont proposés, et renvoyants tous vers des sites de porno black. Ce ne sont pas Google, Yahoo et consorts qui créent ce type d'associations. Aussi, quand l'expression "porno nègre" renvoie à des résultats, c'est:

- soit parce que le mot est directement utilisé dans la communication des sites. Je l'ai dit, les exemples sont peu nombreux en langue française. Il y a beaucoup plus d'exemple dans le porno anglophone; mais les termes nigger, nigga, niggaz n'y ont pas la dimension dépréciative que l'on retrouve dans la langue française.

- soit parce que le mot est incrusté sous forme de tag dans la page; le mot va être en fait tapé en petit (et parfois dans une couleur identique au fond pour être invisible à la lecture, sauf en le surlignant), et généralement dans les champs périphériques de la page, afin que les moteurs de recherchent puisse annexer la page en fonction de ce mot.

- soit parce que le mot est intégré dans les balises Meta, qui sont des champs textuels invisibles, spécialement conçus pour êtres lues par les robots indexeurs des moteurs de recherche. Ex: la présente page contient le mot "toxicomanie" dans sa balise meta. Les moteurs de recherche vont donc proposer cette page suite à toute recherche avec ce mot, quand bien même il n'apparaîtrait nulle part ailleurs dans le corps du texte qu'à la phrase précédente.

 

C. NO GAY FRIENDLY

 

Le porno mainstream est homophobe

 

On constatera aussi que dans les productions grand public, il n'y a jamais non plus de scènes homosexuelles impliquant des hommes, voir même ne serait-ce que de simples allusions à une forme d'homosexualité masculine. L'homme de la pornographie contemporaine mainstream, est strictement et complètement hétérosexuel. Point.

 

Cela est-il normal? Bien sûr que non! Les scénaristes du cinéma "classique" contemporain n'ont pas de gêne particulière à intégrer dans leurs récits des personnages homosexuels. L'homosexualité est entrée dans les moeurs, elle se retrouve dans les films, C.Q.F.D.. Alors pourquoi le porno, que certains voudraient encore présenter comme un outil subversif, fait-il preuve d'une telle homophobie ?

 

Tout d'abord, parce que la pornographie grand public est totalement incapable de représenter une sexualité qui ne soumette pas l'un de deux corps à l'autre. Et ensuite, comme dit au point précédent, la pornographie grand public s'interdit à représenter le corps de l'homme de manière soumise. Impossible sous l'empire de cette double condition de représenter tout rapport sexuel entre hommes.

 

Ensuite, le spectateur du film porno du samedi soir, ne vient pas chercher la surprise. "Les films X diffusés à la télévision répondent à un cahier des charges précis, qui exclut toute perversion déviante (zoophilie, pédophilie, SM) et bannit de fait, même si cela n'est pas écrit dans les textes, quasiment toute forme d'homosexualité" explique l'essayiste Frédéric PLOTON (11). Le spectateur de porno a besoin d'être rassuré dans ses propres formes fantasmes, sa propre virilité.

 

Quand à l'homosexualité féminine, elle est beaucoup plus fréquemment présentée, mais uniquement à cause de l'excitation que peut provoquer chez les hommes le spectacle de femmes ayant entre elles des rapports sexuels. Mais les lesbiennes du porno sont un défi à la virilité, un sommet à conquérir: dans nombre de scénarios porno, ces femmes qui n'ont font l'amour qu'entre elles sont probablement en manque d'un homme, "un vrai". Dans un nombre conséquent de productions, les scènes lesbiennes entraînent l'apparition d'un personnage masculin: le duo de femmes devient un trio beaucoup plus convenu. Le discours sous-jacent est dégoulinant d'homophobie: les lesbiennes seraient en fait des bisexuelles qui n'ont juste par connu le bon "mâle". Leur homosexualité n'existe donc qu'"à défaut", faute d'avoir été jusqu'ici "remises sur le droit chemin" de l'hétérosexualité et de la soumission au genre masculin.

 

Oui, mais et le porno gay ?

 

Vous allez me dire qu'il existe bien des films où les hommes sont soumis aux femmes, et qu'il existe une pornographie gay, avec ses films et ses publications.
Mais ces derniers sont justement destinés à un public précis, ciblé, isolé du reste de la gamme existante. Les genres sont cloisonnés afin de ne pas se mélanger: c'est l'apartheid du X. Le spectateur lambda doit avoir la certitude de ne pas tomber par inadvertance sur de "choquantes" images contraire au dogme de la virilité. Ce que Frédéric Joignot résumait ainsi: "c'est du cinéma hétérosexuel et macho à 90%, très prude: pas question d'entreprendre un peu les gaillards"(10)

 

Alors, le porno mainstream, homophobe? Sans nul doute. L'acteur bisexuel Titof expliquait lui-même se sentir victime de ce clivage. Il est en effet l'un des rares acteurs à tourner aussi bien avec des partenaires masculins que féminins: "je suis bisexuel et j'ai fait des films gays. Ca ne se fait pas d'être bi dans ce milieu pour un homme" (12)

 

AFREG. 2ème version de l'article, décembre 2016.

 

 

* Emmanuelle est un film érotique sorti en 1974 et réalisé par le néerlandais Just Jaeckin, qui attirera dans les salles françaises près de 9 millions de spectateurs (13), ce qui fait en le 17ème plus gros succès du cinéma français (14).

** Xavier Niel est le PDG de FREE, un des principaux opérateur de téléphonie et fournisseur d'accès Internet en France. Après avoir commencé par éditer des services de Minitel Rose, gérer des peep-shows et des sex-shops, il est aujourd'hui la 6ème fortune de France selon le magasine Forbes.

*** Actuellement, en France, les productions pornographiques sont taxées à hauteur de 33% du bénéfice qu'elles engendrent (Article 1605 sexies du code général des impôts)

 


Citations:

 

01. Les Femmes, la pornographie, l'érotisme, Marie-Françoise Hans et G.Lapoug, Editions du Seuil, Points Actuels, 1978.

02.La pornographie et ses images, Patrick Baudry

03. Les Nouvelles Salopes: les femmes et l'essor de la culture porno, Ariel Levy, Editions de Tournon, 2005.

04. Une vie classée X, documentaire de Mireille Dumas diffusé surFrance 3, CB-TV, 2005.

05. Le concensus pornographique, Xavier Deleu, Mango Documents, avril 2002.

06. La nouvelle guerre du sexe, Elisabeth Weissman, Stock Les Documents, 2008.

07. Voir: "Chiffre d'affaires mondial du film de divertissement de 2015 à 2019", pour Statista, et "The Global Games Market Reaches $99.6 Billion in 2016, Mobile Generating 37%" pour Newzoo.com, 21 avril 2016.

08. X Business, Les dessous du sexe sur Internet, MilukMan, Editions First, 2009.

09. Cybersexe, Les connections dangereuses, Fulvio Caccia, Editions Arléa, octobre 2005.

10. Gang Bang, enquête sur la pornographie de la démolition, Frédéric Joignot, Editions Seuil, Non Conforme, janvier 2007

11. Peut-on apprendre la sexualité avec les films X? Frédéric Ploton, Les Editions de l'Hèbe, Collection La Question, octobre 2004.

12. Porno Manifesto, Ovidie, Editions La Musardine, Collection Lectures amoureuses, 2004.

13. Sylvia Kristel: "Emmnanuelle" et ses 50 mllions d'amants, Jean-Frédéric Tronche, Le Nouvel Observateur, 25 octobre 2012 (http://obsession.nouvelobs.com/people/20121018.OBS6287/sylvia-kristel-emmanuelle-et-ses-50-millions-d-amants.html)

14. Liste des plus gros succès du box-office en France, Encyclopédie collective Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_plus_gros_succ%C3%A8s_du_box-office_en_France)

15. "Xavier Niel", Encyclopédie collective Wikipedia (http://fr.wikipedia.org/wiki/Xavier_Niel#cite_note-Lib.C3.A9-8)

16. La nouvelle guerre du sexe, Elisabeth Weissmann, Stock Les Documents, 2008.

 

 

Illustrations:

 

http://imgs.xkcd.com/comics/porn_for_women.png

http://www.labandepasdessinee.com/bpd/images/saison2/13-Pornographie.jpg

 

 

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