LES ERREURS A NE PAS FAIRE DURANT VOTRE SEVRAGE

 

Au cours de votre sevrage, vous allez vous poser de multiples questions, et serez confronté à diverses tentations. Le présent article vise à vous donner des éléments de réponse et à faciliter la progression de votre sevrage.

 

Il ne s'agit toutefois que d'éléments de base! Si vous avez des questions spécifiques qui ne trouvent pas de réponse dans les articles du site, n'hésitez pas à venir vous exprimer sur le forum.

 

1) Apprenez à assumer votre part de reponsabilité !

 

Vous n'avez évidemment pas demandé à être pornodépendant. Vous avez sans doute commencé à consommer il y a des années, ignorant les effets qu'une surdose de pornographie aurait sur vous. Vous êtes d'ailleurs en droit de pester contre la quasi totale absence de prévention contre les effets de la consommation de porno dans notre société actuelle.

 

On peut même parier sans risque que si vous aviez su les effets qu'aurait le porno sur vous, vous n'en auriez pas consommé, ou du moins auriez-vous tenter de réguler votre consommation. Là est la différence essentielle entre le porno et d'autres addictions, comme par exemple l'alcool et le tabac: vous n'avez pas vu arriver le problème. Vous en êtes donc une victime.

 

Cependant, maintenant, vous savez. Si vous êtes arrivé ici, sur ce site, c'est que vous avez déjà commencé à prendre conscience des effets que la pornographie a sur vous. Vous êtes averti(e) du problème. A vous maintenant de prendre en main votre sevrage.

 

A partir d'aujourd'hui, si vous ne choisissez pas le sevrage, vous n'aurez plus le droit de vous dire victime. Car si vous ne choisissez pas d'arrêter le porno, vous continuerez à vous malmener en connaissance de cause.

 

Cette prise de conscience de votre responsabilité est la base du sevrage, car elle est la première étape sur le chemin de la guérison.

 

2) Ne vous voyez pas uniquement comme un dépendant!

 

De nombreux dépendants ayant pris conscience de leur état, ont tendance à vouloir interpréter tout ce qui arrive dans leur vie sous l'ausne de leur sevrage ou de leur addiction. Un peu comme si tout ce que faisait un dépendant, tout ce qui lui arrivait, prenait racine dans sa dépendance.

Exemple: cette fille repousse mes avances parce que le porno m'a rendu moins attirant; la panne sexuelle d'hier soir doit être nécessairement dûe au porno, je suis timide avec les femmes à cause du porno, etc.

 

Se réduire à son seul état de dépendant n'est pas bon pour le sevrage. Vous n'êtes pas qu'un dépendant!

Vous êtes aussi un homme ou une femme, avec sa vie et ses propres errances. Tout ce qui va arriver ne va pas forcément être lié à votre addiction. Vous êtes plus, beaucoup plus que votre seule dépendance.

 

Egalement, le sevrage ne va pas résoudre toutes les difficultés de votre vie. Les non-dépendants ont aussi leurs problèmes à surmonter! :-)

 

D'un certain côté, cette sensation est positive. Votre décision de vous sevrer a ébranlé vos certitudes et vous a fait perdre vos repères. Rassurez-vous; au fur et à mesure de votre progression vers le sevrage, vous retrouverez votre équilibre.

 

Reprenez confiance en vous, et essayez de faire le plus objectivement la part des choses. Faites clairement la différence entre les problèmes causés par la pornographie et les petits (ou gros) soucis de la vie. Ne laissez pas votre dépendance prendre plus de place dans votre existence qu'elle n'en a déjà !

 

3) Ne tentez pas le diable !

 

Les logiciels de contrôle parental ne sont pas la panacée

 

Vous avez installé un logiciel de contrôle parental; bravo! C'est un très bon point. Mais vous devez savoir que ces logiciels ne sont pas parfaits. Il arrivera fatalement le jour où vous tomberez sur du contenu que vous ne souhaitiez pas voir, malgré l'installation sur votre PC d'un programme de protection.

 

Inutile de blâmer le logiciel. Les moyens de filtrage ne sont pas complètement au point, et ne le seront d'ailleurs sans doute jamais. Mais souvenez-vous que ces programmes ne sont que des aides, des béquilles pour votre sevrage. Ce qui compte, c'est votre volonté de vous en sortir. Le logiciel va vous aider, certes! Mais le travail de sevrage doit venir de vous.

 

Ne pas tenter le diable en cas de rechute

 

Des dépendants expiquent que pour mieux rebondir suite à une rechute, ils consomment à l'excès afin de se "dégoûter". Cette méthode ne marche absolument pas, et risque bien au contraire de vous rendre plus accro encore qu'auparavant. Car les images de sexe ont ce pouvoir si particulier de s'incruster durablement dans votre subconscient; tout ce que vous verrez pendant votre rechute vous "poursuivra" par la suite.

 

De surcroît, le mécanisme intellectuel derrière ce principe est assez pervers. Comme la rechute devient synonyme de consommation à outrance, le porno devient en quelque sorte la récompense du sevrage! Inconsciemment, votre cerveau vous dit que, d'accord, vous avez rechuté, mais que vous avez quand même tenu longtemps, ce qui vous autoriserait un écart... Comme on ne fait pas un régime dans l'espoir de manger une pâtisserie, on ne fait pas un sevrage dans l'espoir de regarder du porno !

 

Et puis, soyez honnêtes avec vous même; Croyez-vous sincèrement que cette méthode serait profitable à votre sevrage? Imaginez une personne qui serait au régime, et qui pour fêter trois semaines de repas équilibrés, s'empifrerait de sucreries. Au final, perdrait-elle du poids efficacement? Bien sûr que non! Elle ne fait que réhabituer son corps et son esprit aux mauvaises pratiques qu'elle avait réussi à éloigner.

 

Aussi si vous avez à faire face à une rechute, ce qui arrive, remontez en selle le plus rapidement possible. Votre décrochage doit être le plus bref possible, de manière à renouer le plus rapidement avec la mécanique du succès, et à capitaliser au mieux les bénéfices déjà acquis.

 

Si vous ne l'avez pas encore fait, je vous invite à prendre connaissance de l'article "Que faire en cas de rechute(s)"

 

4) Ne remettez pas à plus tard votre sevrage !

 

Certains dépendants, face à l'ampleur du changement que représente un sevrage, sont parfois tentés de reporter son commencement. Ils essaient de se convaincre qu'il faut mieux attendre que les "conditions idéales"soient réunies: un travail plus stable: une relation de couple sérieuse, etc.

 

Je déconseille très fortement le report du sevrage, tout simplement parce qu'aucune raison ne peut le justifier!

- Une partie des problèmes que vous avez aujourd'hui, est liée à votre consommation de pornographie. Pas tous vos problèmes, évidemment, mais un certain nombre. Ne pas traiter rapidement votre addiction rendra plus ardue la résolution d'autres de vos soucis.

- Certains dépendant essaient de se convaincre qu'ils arrêteraient de consommer du porno s'ils étaient en couple. C'est faux et archi faux! Les dépendants célibataires n'arrêtent pas de consommer lorsqu'ils se mettent en couple. S'ils y arrivent, c'est qu'ils n'avaient pas encore atteint le stade de l'addiction. Si vous recherchez quelqu'un, sachez que votre consommation de porno ne peut que vous être nuisible. Les compagnes analysent le plus souvent la consommation de porno comme une forme de tromperie. Celles qui l'acceptent ont rarement conscience de l'ampleur qu'a prise cette consommation chez leur conjoint. Et si vous cachez votre consommation à votre partenaire, vous vous exposez à l'explosion de votre couple, lorsque votre addiction sera découvert! Votre compagne pourra -peut-être!- pardonner votre consommation, mais beaucoup plus difficilement d'avoir tenté de la lui cacher.

 

Pour plus d'informations sur les effets d'une addiction à la pornographie sur le couple, je vous invite à lire les articles "Compagnes de dépendants: aider et être aidées" ainsi que "Dépendants! Ce que veulent vos femmes"

 

Mettez toutes les chances de votre côté, en stoppant dès maintenant toute consommation de pornographie. Sachez que les "conditions idéales" n'existent pas, car on peut toujours trouver une raison de repousser quelque chose que l'on sait difficile. Autant donc ne ne pas tarder pour vous débarasser du problème.

 

5) Ne croyez pas que vous pouvez vous contenter d'un "demi-sevrage"!

 

Il peut être tentant, pour un dépendant, de croire qu'il existerait un niveau "raisonnable" de consommation de pornographie. Ce niveau serait celui où, tout en arrivant à contenir sa consommation, on en retirait plus de plaisir que de gêne. Un compromis qui permettrait de faire l'économie de la souffrance des états de manque.

 

Soyons clair: aucun "demi-sevrage" n'est possible. On ne peut rester demi-alcoolique, ou demi-fumeur. Tout comme on ne peut rester demi-dépendant à la pornographie.

 

Outre l'énergie extraordinaire que cela demanderait, maintenir une consommation de pornographie, même réduite, c'est rester en permanence exposé à des risques de dégradation de la situation. Car il arrivera toujours le moment où vous allez vous dire que finalement, un petit écart par rapport à ce que vous vous étiez fixé, ce n'est pas si grave... Et puis, le petit écart devient la fois suivante une grosse entorse à la règle... Ainsi naissent les rechutes.

 

De plus, les "bienfaits" d'un demi-sevrage sont dérisoires. Un demi-sevrage n'atténue que de façon très modeste les effets addictifs tout en nécessitant autant d'efforts qu'un sevrage intégral. Par exemple, si vous souffrez d'une baisse de libido ou de troubles de l'érection avec votre compagne, il est très fortement probable que vous ne retrouverez un optimum sexuel que par un sevrage complet.

 

Enfin, espérer atteindre un niveau raisonnable de consommation, c'est rester dans le déni. Le dépendant reconnaît qu'il est un peu malade, mais finalement pas tant que cela. C'est une manière de minimaliser le problème, de ne pas sentir trop concerné, de refuser de se responsabiliser.

 

C'est aussi une manière de dissimuler sa peur de ne pas arriver à se sevrer. MAIS TOUT LE MONDE PEUT Y ARRIVER !!! Tout est question de volonté. Aucun sevrage n'est impossible., aucun cas n'est irrécupérable. N'ayez pas peur des états de manque; une fois sevré, ils ne seront pour vous que de mauvais, mais lointains! souvenirs.