ABORDER LA QUESTION DE LA PORNOGRAPHIE AVEC UN ADOLESCENT

 

 

Introduction à l'article

 

La pornographie fait aujourd'hui partie des codes de l'adolescence. Elle "accompagne" les jeunes dans la recherche de leur identité sexuelle. Elle s'est imposée à eux comme une norme, au même titre que leur musique ou leurs stars de cinéma.

 

Vous aurez sans doute envie de protéger votre progéniture de la déferlante pornographique. Mais on ne saurait adopter la même attitude, face à un enfant, et un adolescent.

 

Les enfants ont besoin d'encadrement. Ils attendent d'un adulte qu'il leur fixe les limites à ne pas dépasser.

 

Un adolescent, quant à lui, se tient dans une logique d'opposition vis à vis de ses parents. Vous ne parviendrez de toute façon pas à l'empêcher de visionner de la pornographie s'il le désire, tant l'accès aux supports du X est facile de nos jours.

Aussi, faut-il, avec un adolescent, privilégier le développement de l'esprit critique, afin que ce dernier puisse être capable de" décoder" le véritable messagedes images.

 

Si votre enfant n'est pas encore rentré dans l'adolescence, et que vous souhaitez vous informer sur les moyens de filtrage existants, je vous invite à lire l'article Les moyens de filtrage contre la pornographie

 

I. POURQUOI EST-IL NECESSAIRE D'ABORDER CES QUESTIONS AVEC SON ADOLESCENT?

 

A. Prendre conscience que son enfant... n'est plus un enfant

 

Arriver à concevoir son enfant, comme un être en train de s'éveiller à la sexualité

 

L’éveil de la sexualité d’un adolescent va irrémédiablement le propulser dans le monde des adultes.

Ce passage crucial n’est pas toujours facile à vivre pour les parents, qui, d'une certaine façon, ont l’impression de "perdre" leur progéniture.

Leur enfant cesse d’être un enfant. Il est en train de grandir, et va bientôt devenir un adulte. Et il cherche déjà sa sexualité.

 

C’est à ce moment crucial de sa vie que l'adolescent pourrait avoir besoin de ses parents, afin que ces derniers l'aident à faire face à ses doutes.

 

Si vous avez toujours du mal à concevoir votre enfant comme un être sexuel en puissance, repensez à ce que vous ressentiez à son âge. Dites-vous qu’il y a de fortes chances qu’il se pose les mêmes interrogations que vous.
Et si, malgré tout, vous avez l’impression que décidemment, il n’est pas comme vous à son âge, n’oubliez pas que la société a évolué. Les enfants grandissent plus vite de nos jours, les questions se posent plus tôt. Les tentations sont plus grandes. Des parents modernes doivent savoir s'adapter au monde moderne !

 

Soyez rassurés, selon les dernières études, l'âge du premier rapport sexuel reste stable, à 17,2 ans pour les garçons, et 17,6 pour les filles (1). Ce n'est parce qu'ils parlent beaucoup plus tôt de sexe, qu'ils en font plus ou plus tôt.

 

Plus vous attendrez, plus vous risquez d'arriver trop tard

 

"A onze ans, les gamins s'intéressent déjà au sexe, tandis que leurs parents les voient encore comme des bébés purs et innocents (...). Mon neveau de treize ans m'a demandé un jour s'il n'était pas impuissant, car il n'arrivait pas à tenir aussi longtemps que dans les films"

Nina Roberts, ex-actrice pornographique, interviewée pour le www.ecranlarge.com, 08 juillet 2005

 

Il arrive toujours le moment où l'on doit se rendre à l'évidence: son adolescent est "travaillé par la chose", il va en "passer par là". Mais par commodité, gêne, ou ne sachant pas trop par quel biais aborder la question, nombre de parents bottent en touche… et lorsqu’ils commencent à s’y intéresser, arrivent trop tard.

Dans Le Nouvel Observateur, Christine, une mère de famille, témoignait à ce titre : « « Après avoir découvert les sites préférés de mon aîné de 17 ans, raconte Christine, j’ai voulu lui parler et je lui ai demandé s’il voulait des préservatifs. Il a failli mourir de rire. Maman, m’a-t-il dit, je ne t’ai pas attendue, ça fait trois ans que j’en ai. » (2)

 

Egalement, inutile d'espérer que, par on ne sait quelle magie, votre adolecent serait un « miraculé du système ». Votre enfant est sans doute quelqu’un de formidable. MAIS IL N’ECHAPPERA PAS AUX NORMES DE SA GENERATION.

Quitte à découvrir un jour ou l’autre l’éveil de votre adolescent à la sexualité, ne vaut-il pas mieux y être préparé le plus tôt possible ?

 

B. C'est aux parents de transmettre les valeurs, pas aux médias

 

Les parents se doivent de se mêler de ces questions

 

Nombre de parents estiment qu’ils n’ont pas à se mêler des questions relatives à la sexualité. Ils laissent ainsi leurs enfants se débrouiller seuls, face à leurs propres doutes, leurs propres craintes. La sexualité serait quelque chose de tellement intime, qu'il serait indécent d'en parler avec ses parents.

 

Mais cette position est extrêmement paradoxale. Ainsi, nombre de parents surveillent du coin de l'oeil, les fréquentations de leur enfant, pour faire face à toute "mauvaise influence". Ces mêmes parents, qui s'inquiètent de savoir avec qui leur ado sort, ne voudrait pas savoir avec qui il souhaite coucher ?!?

D'autres tentent de se rassurer, en essayant de se convaincre que la pornographie ne concerne pas leur enfant. Le psychologue Gérard Bonnet le constate lors de ses consultations : « quand le praticien reçoit les parents (…) si on leur demande en cours de conversation et sans viser qui que ce soit ce qu’ils pensent de la pornographie (…) ils se disent convaincus que leur progéniture n’est pas touchée par le phénomène. En réalité, ils n’en veulent rien savoir : saine hypocrisie, faire comme si cela n’existait pas. » (3)

 

Cette réaction témoigne surtout d'une attitude de parents cherchant à se défiler de leurs reponsabilités, en n'abordant pas les sujets gênant, de surcroît sujet à conflit.

 

Les parents doivent transmettre des valeurs

 

Nous vivons dans des sociétés modernes, où tout ce qui se rapproche aux valeurs est dénigré. Les tenants de la pédagogie moderne insistent sur le fait que l'enfant doit faire lui-même son apprentissage. Le parent, autrefois, représentait l'autorité. Il était celui par qui arrivait l'idée de bien et de mal. La mode est aujourd'hui à la permissivité.

 

« Les parents sont démunis, désemparés, dépassés, lance Benoît Félix, infirmier devenu l’animateur de référence de cyber-Crips parisien, un site de prévention du Sida. Dans les milieux défavorisés, les pères laissent traîner une vidéo X ou un cédérom pour que le gosse s’initie. Le plus souvent, on laisse les enfants libres, car il ne faut surtout pas passer pour un ringard ».
Une psychologue, François Patriat, en connaît depuis quelques années. « A partir du moment, estime-t-elle, où Canal + a laissé entrer le porno à la maison, les parents n’ont plus su ce qui était bien ou mal. Je connais des grands parents qui regardent un film X avec un petit-enfant sur les genoux. Ca passe à la télé, alors c’est à la mode. Interdire, c’est être hors normes…
(2)

 

Souhaitez-vous que la télévision et Internet éduquent votre ado à votre place?

 

Vous serez peut être tenté de laisser votre enfant se faire tout seul son éducation sur ce sujet. Il devra donc se débrouiller tout seul pour trouver les réponses à ces questions.

Où va-t-il les trouver? Au plus proche de lui, tout simplement: auprès de ses camarades, rarement mieux informés que lui ; mais surtout, dans les programmes télévisés et sur Internet.

Les médias ne sont pas là pour éduquer votre enfant. Ils sont avant tout là pour vendre: un programme, une série, un abonnement à un site... Or, la sexualité est un excellent moyen de booster les ventes; c'est pour cela qu'on trouve aujourd'hui du sexe dans nombre d'émissions et de publicités.

Là où il y a du commerce, il n'y a pas d'esprit critique. Vos enfants n'apprendront pas tout par les médias.

 

Ne pas avoir peur d'entrer dans le conflit

 

"Actuellement, dans notre société, l’adolescent est devenu une valeur suprême, le modèle du parfait prescripteur. La plupart des parents ont peur d’entrer en conflit avec les adolescents, sous l’injonction sociale d’être « des bons parents »" (4)

 

L'adolescence est l'âge des conflits. Votre adolescent recherche ces affrontements, car par ce biais, il va s'opposer à vous, et construire sa propre identité. Eduquer un adolescent, c'est aussi s'opposer à lui.

En lui cédant tout pour assurer la paix du foyer, vous ne faites que sauver les apparences du foyer harmonieux. Mais vous n'aidez pas votre adolescent à faire face aux frustrations de la vie, et allez en faire un adulte caractériel.

Quoiqu'il en dise, votre adolescent ne vous en voudra pas de vous opposer à lui, puisque c'est justement ce qu'il recherche. Par contre, plus vieux, il risque de vous reprocher votre laxisme.

 

C. Parce que c'est une chose importante

 

Ne pas minorer

 

Un certain nombre de parents, par facilité, mettent les évolutions de leur adolescent sur le dos de la "crise d'adolescence". Ainsi, quoiqu'ils disent, quoi qu'il arrive, l'explication est déjà toute trouvée: cela est toujours dû à cette fameuse crise, celle qui est censée passer naturellement avec l'âge.

 

Cette explication est extrêment dangereuse, pour de nombreuses raisons

 

D'abord, parce que votre adolescent a des choses à dire, et attend justemnet de vous que vous l'écoutiez. Si dès le début de la discussion, vous déconsidérez son avis, et l'empêchez de grandir. Vous le maintenez dans le rôle de l'enfant.

Ensuite, parce que non, tous les problèmes des ados ne passeront pas avec l'âge. Nombre de dépendances pornographiques ont commencé à l'adolescence, avec de jeunes hommes qui, à l'époque, n'ont pas trouvé d'interocteur capable de les aiguiller. Arrivés à l'âge adulte, leur addiction ne s'est pas miraculeusement envolée. Dans la majorité des cas, elle s'est intensifiée et pérennisée.

 

TEMOIGNAGE

 

BibopChange, 24 ans: "J'ai commencé à peu près comme tout le monde à regarder quelques images de femmes nues à partir de l'âge de 15 ans (...) à partir de 17-18 ans j'ai commencé à regarder des films pornos, chose que je ne pratiquais pas réellement avant et j'ai commencé à me masturber à un rythme beaucoup plus soutenu (au moins 4-5 fois/semaine).

C'est à ce moment là à mon avis que je suis devenu accro sans m'en rendre compte donc vers l'âge de 18 ans (...) je suis devenu de plus en plus complexé par ma sexualité, qui n'était présente que par procuration avec ces vidéos, je me suis donc essayé plusieurs fois à des relations tarifées vers 22 ans (ce dont je ne suis pas fier), et après coup, mon estime de moi a encore plus diminué (...) j'ai l'impression d'être dans un état de tension de stress permanent (...)

 

Source : Forum du www.pornodependance.com

 

 

Le porno d'aujourd'hui n' a rien à voir avec le porno d'hier

 

Les pères ont tendance à minorer la question de la pornographie. La plupart d'entre eux ont eu eux-même un contact avec la pornographie lors de leur adolescence. Cette dernière a accompagné de près ou de loin la construction de leur propre identité sexuelle. Ils se souviennent avec nostalgie, voir un certain émoi, de leurs vieux Playboy, ou d'une VHS chipée à leur propre père.

Du coup, nombre de pères ont tendance à considérer la pornographie comme une étape obligée de l 'éducation sexuelle de leur garçon. Un manière pour eux de découvrir le corps féminin. Une sorte de passage obligé dans la construction de leur virilité.

 

Mais ce que ces pères oublient, c'est que la pornographie d'aujourd'hui n'a plus rien à voir avec celle de leurs jeunes années. A leur époque, la pornographie avait encore un parfum de transgression. Elle était un défi à relever.

Aujourd'hui, la pornographie est une norme. Elle court librement sur Internet, et de plus en plus à la télévision. Les adolescents des années 2000 et 2010 sont littéralement noyés sous la multitude de ses supports. Ils ont clairement besoin qu'on les aide à décrypter ce qu'ils voient.

 

Les mères, elles, sont généralement moins sereines. Elles ont tendance à analyser la pornographie pour ce qu'elle montre: une sexualité violente envers les femmes, une expression phallocratique des rapports sexuels, et au delà, des rapports sociaux..

La consommation de pornographie s'accompagne également de masturbation, sujet souvent délicat pour une mère.

 

D. De l'inutilité de l'approche répressive

 

Vous pouvez être tenté d’interdire, sous peine de sanctions, le contact de votre ado avec la pornographie. Vous pourriez être tenté de blinder le PC familial de moyens de filtrage, de verrouiller les téléviseurs avec un code parental.


L'approche répressive est pourtant à proscrire avec un adolescent. Vous ne vous attaquez pas un comportement déviant ; vous vous attaquez à un comportement tendant à être normatif, et rentrant logiquement dans les recherches de son âge.
N’oubliez pas que votre enfant parle avec les camarades de son âge. Sur 10 parents, vous serez peut être le seul à avoir choisi une inclinaison répressive. Votre enfant risque alors de se sentir injustemment traité. Il risque de s’isoler et de garder pour lui ce qu’il ressent. Par un mélange subtil de curiosité et de soif de la transgression, il ira trouver la pornographie là où vous ne pouvez pas la contrôler ; chez un copain par exemple, dans un cybercafé, dans une revue qu'il ne ramènera pas chez lui. Et il sera privé d’un interlocuteur essentiel – vous – pour faire face à ses angoisses.

 

Vous ne supprimerez pas la pornographie. La pornographie est une activité vieille comme le monde. Encouragée par l’évolution des mœurs et le laxisme des politiques publiques, elle s'est organisée en industrie juteuse et profitable. Croire qu’il est possible de la supprimer est totalement illusoire.
Pire, une disparition complète de la pornographie risquerait d’avoir l’effet pervers de favoriser sa consommation illicite. Il deviendrait alors totalement impossible de savoir quelle pornographie est consommée.

La répression ne servirait à rien, car s'il le désire, votre enfant trouvera toujours un moyen d'avoir accès à la pornographie.

Pire, le considérant désormais comme un moyen de s'opposer à vous, il l'idéalisera, ce qui renforcera en lui l'idée qu'elle lui est bénéfique. D'ailleurs, comme le rappelle Jacques Henno: "si on dit aux enfants que le porno, ce n'est pas pour eux, mais pour les adultes, ils se précipitent dessus". (5)

 

Bien sûr, des actions sont envisageables afin d'obtenir la régulation de la pornographie. Mais à votre niveau, celui de parents, votre responsabilité première est de permettre à votre enfant d’affronter les contenus hard.

Apprenez-lui ce qu'est réellement la pornographie. Armez le pour décrypter son message. Votre adolescent est suffisament grand pour faire preuve d'esprit critique! S'il comprend ce qu'est réellement la pornographie, il s'en détachera de lui-même.

 

II. COMMENT EN PARLER?

 

A. Vaincre la gêne tout en respectant le jardin secret de son adolescent

 

Peut-être n'osez vous pas parler de sexualité avec votre adolescent, tout simplement parce que vous ressentez une certaine gêne quant à ce genre de questions.

Après tout, vous êtes justement celui qui, pendant des années, a cherché à protéger votre enfant des tentations extérieures. Vous avez cherché autant que possible à préserver son innocence. Et désormais, vous devriez vous mêler de ces questions intimes ?
Mais sachez que votre enfant n’ira pas spontanément vous voir, la gêne que vous ressentez étant réciproque. Les adolescents ont tendance à considérer la sexualité comme une affaire de leur âge. Ils ne concoivent pas les générations plus âgées comme ayant, ou ayant eu, une vie sexuelle. Ce qui explique que les ados, cherchent les réponses à ce type de sujet, en priorité en dehors de leurs foyers


Soyez rassurés: il est normal que vous soyez gêné de parler de sexualité avec son enfant. Mais votre enfant grandit, et ses hormones n'attendront pas que vous ayez pris votre courage à deux mains.

Votre choix se résume de façon simple: choisissez-vous d’accompagner votre enfant dans cette étape importante de sa vie ? Ou laissez-vous la pudeur et la gêne l’emporter, quitte à le laisser se débattre seul face à ses interrogations ?

 

Dans les familles où les questions de sexualité sont bannies, on ne constate pas particulièrement une plus grande sérénité des enfants. Dans la majorité des cas, ils ont été chercher leurs réponses ailleurs. Avec tous les risques que cela comporte: une réponse incomplète, ou fausse, entraînant des frustrations.

 

S’il est important de respecter l’intimité de l’enfant ou de l’adolescent, vous n’avez pas à renoncer à vous intéresser à sa vie!

 

B. Ne pas tomber dans le travers inverse (l'excès d'impudeur)

 

Certains parents ont opté pour une éducation "new age", où la pudeur est abolie, et où l’échange sur le sexe est prétendumment libre et sans tabou. L’adolescent est invité à partager sa vie sexuelle au sein du foyer, et est invité à connaître celle de ses parents.

 

Cette manière d’éduquer peut pourtant se révéler désastreuse.
Certes, j’ai bien expliqué qu’il ne fallait pas laisser à l’abandon votre enfant, face à ces tourments sexuels. Mais il ne faut pas tomber dans l’excès inverse, à savoir, le priver de son jardin secret.
Un adolescent, pour se construire, aura naturellement besoin de garder pour lui une certaine pudeur, ce qui est plutôt sain. En effet, c'est dans cette pudeur qu'il trouvera ses propres limites.

En demandant à votre enfant une information complète sur sa sexualité, vous empêchez la construction de sa propre identité sexuelle.

 

Une juste mesure est donc à trouver !


Si votre enfant est en âge d’avoir des relations sexuelles, vous pouvez vous informer pour savoir s’il l’a fait, et avec qui. Mais vous n’avez pas besoin des détails intimes.


Si vous surprenez votre adolescent en train de se masturber, vous n’avez pas non plus besoin d’en savoir plus. Vous avez eu son âge, vous n’avez donc pas grand-chose à apprendre sur la masturbation. Pour votre adolescent, savoir que vous savez est déjà humiliant. Laissez lui cette intimité, sauf si bien sûr cela devient compulsif (de nombreuses fois par semaine durant de nombreuses années)


De la même façon, votre enfant n’a pas à connaître le détail de votre vie sexuelle. Je l’ai dit en introduction, votre enfant met logiquement une barrière, qui l’empêche de vous concevoir comme un être avec une vie sexuelle active. L’abolition de cette barrière nuira à votre rôle de parents, en vous rapprochant de celui d’un confident. Et puis, n’oublions pas que vous aussi, vous avez le droit à votre intimité !

 

Jean-Charles Nayebi (6) rapporte le cas de parents visionnant de la pornographie, avec leurs propres enfants. En agissant ainsi, ces parents piétinent la notion de pudeur: aussi bien celle de leurs enfants, que celle des corps à l'écran. Ils détruisent la barrière existant avec leurs enfants, et pourtant nécessaire à leur éducation.

Ces parents expliquent qu'ils pensent ainsi contrôler la vision de la pornographie de leurs enfants. C'est totalement faux, car comme le rappelle Jean-Charles Nayebi, "cette « piqure de porno » dispensée dans un cadre normé, ne garantit en rien que l’adolescent ne cherchera pas à vivre sa propre expérience de la chose, sans chaperonnage parental.". Les parents qui visionnent de la pornographie avec leurs enfants, naïvement, ne s'intéressent pas de savoir s'ils en visionnent sans eux. Ils seraient surpris: au lieu de les avoir protégés, en leur empêchant de développer leur esprit critique, ils leur ont ouvert la porte de la dépendance.

 

Surtout, je rappelle qu'au regard des dispositions de l'article 227-24 du Code Pénal, il est totalement interdit de faire visionner de la pornographie à un mineur!

 

C. Parler à l'adolescent comme à un adulte, pour établir un climat de confiance

 

Vous avez dépassé la stade de la béatitude infantile, et savez désormais que votre adolescent visionne de la pornographie.

Vous l'avez peut-être découvert sur son PC. Vous l'avez peut être surpris. Ou vous êtes tombé sur des revues dans sa chambre.

 

Comment aborder le sujet?

 

Je l'ai dit en introduction, vous avez très très peu de chances que votre adolescent vienne spontanément vous voir. Mais ce n'est pas pour autant que vous n'avez pas le droit de vous informer.

Expliquez-lui comment vous avez trouvé la pornographie. Votre adolescent s'énervera sans doute, mais ne vous en tiendra pas rigueur. Ce n'est pas comme si vous aviez violé son journal intime! Il s'attend à une certaine veille de votre part.

Ne le blâmez pas. En recherchant de la pornographie, il n'a pas un comportement déviant, au contraire, il correspond aux codes de son âge. Ce qu'il faut, c'est l'armer pour l'aider à déchiffrer de la bonne façon ces codes.

Parlez-lui comme à un adulte. Il a passé l'âge des choux et des roses. Il sait parfaitement à quoi ressemble le corps de l'autre sexe, pour l'avoir suffisament vu en images.

 

Demandez-lui ce qu'il lui plaît dans la pornographie, sans le juger. C'est comme cela que vous réussirez à établir une relation de confiance. "Un jeune qui peut parler à un adulte de ses émotions, cesse d'être prisionnier des images", rappelle Jacques Henno (5). En ouvrant le dialogue, vous permettez à votre adolescent d'avoir l'esprit critique nécessaire au décodage. Et en renouvelant ce dialogue, vous élargissez cet état critique.

 

III. QUE DIRE ?

 

A. Rappeler à votre adolescent que ce qu'il voit, n'est pas la réalité de la sexualité

 

"Mon neveu de treize ans m’a demandé un jour s’il n’était pas impuissant, car il n’arrivait pas à tenir aussi longtemps que dans les films (...) J’essaie de faire comprendre aux jeunes que le porno ne ressemble en aucun cas à un manuel d’éducation, c’est un simple divertissement pour adultes [...] Mais malheureusement, ce n’est pas ce qui se fait en ce moment. Ce qui se vend, c’est l’éjac faciale"

Nina Roberts, actrice pornographique, interviewée par le magazine www.ecranlarge.com, 08 juillet 2005

 

La pornographie ne représente pas la réalité des rapports sexuels, et ce pour de nombreuses raisons.

Tout d'abord, parce que la sexualité mise en avant dans les scènes X, est quasi exclusivement tournée autour de l'idée de performance. Il s'agit de multiplier les positions les plus acrobatiques, d'arracher le cri le plus aigu, de battre tous les records du sexe... il faut en faire toujours plus. Dans ce combat des corps, l'aspect relationnel est quasiment absent. Les minables scénarios des films pornographiques ne trompent personne: le film n'a d'intérêt que par ses scènes sexuelles. Dans la quasi totalité des cas, on se passe parfaitement de savoir ne serait-ce que le nom des personnages.

 

Ensuite, parce qu'il s'agit bien de cinéma, avec tout ce que cela implique: un maquillage spécifique, des jeux de lumières très particuliers, un montage des "meilleures scènes", une simulation à l'extrême, un recours à des artifices (les éjaculations sont souvent "doublées" par du faux sperme par exemple)

 

Enfin, parce que la sexualité montrée, derrière la fausse audace des poses sexuelles, est extraordinairement réactionnaire. Plus de 99% de la pornographie suit un même schéma: fellation - pénétration vaginale - pénétration anale de la femme- éjaculation externe. Cette sexualité est axée autour du seul plaisir de l'homme. Comme si il y avait une sorte de cahier des charges du sexe!

 

Un adulte, avec une vie sexuelle équilibrée, et habitué à contrôler ses pulsions, saura que tout cela n'est que du cinéma.

Mais pas forcément un adolescent, qui lui, recherche ses repères. Il cherche sa sexualité, à s'informer. Il aura tendance à considérer comme un modèle ce qu'il voit à l'écran. Sauf si évidemment, vous lui apportez une contre-proposition qui tienne la route.

 

B. Rappeler à votre adolescent que derrière les images, il y a de vrais corps

 

Les adolescents des années 2010 sont des enfants de l'écran. Ils ont, depuis leur naissance, grandi avec la télévision. La très très grande majorité d'entre eux a un ordinateur à la maison, avec connexion à Internet. Il y a d'abord les "réseaux sociaux virtuels," type Facebook ou SkyBlog. Il y a aussi ChatRoulette.

Le Net leur a donné accès à une information massive infinie. Mais cette information se fait sans tri, sans veille, sans contrôle. Ce qui fait vendre l'emporte vite: le sensationnalisme, le sexe, et la violence. Il suffit de voir entre autres, la mode actuelle pour les happy slappings (mise en ligne de vidéos de passage à tabac).

 

La seule façon pour un esprit normalement constitué, de ne pas être meutri par de telles images, est d'y mettre de la distance. Et la seule façon d'y mettre de la distance, est d'oublier que derrière l'image, ce sont "de vrais gens."

 

Ainsi, pour les ados, les actrices pornographiques sont des femmes extraordinaires au sens premier du temps: elles ne peuvent exister dans l'ordinaire. Elles ne sont qu'icones virtuelles, nymphes des scénèttes téléchargées. Elles n'existent pas en dehors de la caméra.

Du coup, lorsqu'une scène pornographique hard leur est montrée, ils n'y voient pas une jeune femme qui souffre: ils y voient un corps féminin, désincarné, déshumanisé, qui gesticule devant la caméra. Il n'y a plus d'humain. Et s'il n'y a pas d'humain, il n'y a pas de souffrance.

D'autant plus que la pornographie, comme matière cinématographique, ne cherche pas l'authenticité, mais le simulacre: travestissement de la violence en plaisir, simulation d'orgasme, singerie des rapports sociaux.

 

N'hésitez pas à rappeler à votre adolescent cette réalité, à lui faire comprendre que vous même, vous êtes troublé par ces images, par ces corps qui souffrent à l'écran. En vous mettant au même niveau que lui, vous lui ferez comprendre que vous lui parlez comme à un adulte.

 

Rappelez-lui que le corps a une dimension intime, personnelle. Que lorsqu'il visionne de la pornographie, c'est quelque chose de fort. Il va au plus profond de l'être.

 

IV S'INFORMER SUR SA CONSOMMATION

 

A. Tous les adolescents qui consomment de la pornographie ne sont pas des dépendants

 

Un adolescent des années 2010 à 99% de chances (au minimum) d'entrer en relation avec de la pornographie. C'est une réalité malheureuse à laquelle il ne faut pas se résigner, mais qu'il ne faut pas ignorer non plus.

Comme je l'expliquais un peu plus haut, la pornographie est aujourd'hui devenue une norme pour les jeunes. A 11 ans, un adolescent sur deux est entré en contact avec la pornographie.

Cette dernière est clairement sortie du ghetto dans lequel elle se trouvait durant les années 90. Les actrices porno parlent désormais de leur métier dans les talk-shows, commercialisent des lignes de vêtements... Oliver Stone consacre un film à Larry Flint (le créateur des magazines érotiques Hustler), Brett Ratner en prépare un autre sur Playboy. La promotion pour les magasines porno est possible devant les tabacs presse, etc.

 

Votre adolescent, aussi génial soit-il, ne fera sans doute pas exception. Il cotoiera la pornographie. Mais il faut de suite vous rassurer: tous les adolescents qui sont entrés en contact avec la pornographie ne finiront pas dépendants. La majorité s'arrêtera au stade de la simple curiosité. La question est maintenant de savoir, si votre adolescent a une consommation hors norme de pornographie, par rapport aux codes de son âge.

 

B. Alors, comment savoir si mon ado est dépendant?

 

Pour établir si votre adolescent est dépendant, il faut vous poser les bonnes questions, et obtenir les vraies réponses. Ce qui est rarement facile à savoir, car les ados sont très peu loquaces sur le sujet avec leurs parents. Observez, écoutez, prenez le temps de rentrer dans son univers. Veillez. Que cache-t-il sous le lit? Dans les tiroirs? Qu'y'a-t-il dans l'historique de son PC? Vous lui rendrez service.

 

Comment consomme-t-il de la pornographie?

Si votre enfant ne visionne de la pornographie qu'avec ses copains, c'est qu'elle est pour lui une sorte de rite de passage typique de son âge. Une façon de se prouver, entre "hommes", qu'ils ne sont plus des enfants. S'il en visionne régulièrement seul, c'est plus inquiétant. Il y trouve un plaisir intime, suffisamment honteux pour qu'il n'en fasse pas publicité.

A noter que l'adverbe "régulièrement" est ici important. La pornographie est un produit attirant pour un adolescent curieux et cherchant la transgression. Si votre ado y est allé une ou deux fois par curiosité, pas de panique. S'il s'y trouve des habitudes, alors votre ado est dépendant.

 

Quels sont les supports de sa consommation?

La pornographie est facilement accessible à un adolescent, par de nombreux biais: Internet, les revues en kiosque, le matériel du père ou du grand frère, la télévision (le film de Canal, ceux des chaînes du câble), etc.

Un adolescent qui multiplie les supports est probablement dépendant.

Vous avez trouvé des revues dans sa chambre? Mais quelles revues? Les publications type Max, Maximal, Entrevue, FHM ou autres ne sont pas à proprement parler pornographiques, même si le sexe y tient une part importante, et que le message qui y est porté est très clairement d'inspiration pornographique. Ces publications sont de surcroît calibrées pour un public d'adolescenst ou de jeunes adultes, rien d'étonnant à ce que votre ado ait été en acheter ou en emprunter un exemplaire.

Par contre, les magazines porno type Playboy ou Newlook, sont rarement achetés par des adolescents, qui leur préfèreront les titres précités. Il existe aussi d'autres magazines, beaucoup plus hard. Si votre adolescent achète de façon régulière ce genre de magazines, il est dépendant. Il est en effet entré dans un mode de consommation qui ne correspond plus aux normes de son âge.

Il va voir des sites sur Internet? Mais quels sites? La masse des sites X sur Internet propose le même catalogue de poses sexuelles. Mais des sites plus spécialisés existent, présentant des sexualités plus extrêmes (sado-maso, fétichisme, urophilie, scatophilie...). Votre ado aura pu aller les voir par curiosité. Mais si il se rend régulièrement sur des sites spécialisés, il est sans doute dépendant. Il est déjà entré dans une phase où la vision de la sexualité conventionnelle ne l'excite suffisament plus, alors qu'il ne l'a pas, ou à peine, abordé dans sa vie sexuelle réelle.

Egalement, si le gros du X sur le Net est gratuit, il y a tout de même des sites payants. Cela va du simple code Allopass (1,68 euros), à l'abonnement mensuel, ou au débit surtaxé sur la facture téléphonique. Si votre adolescent paie pour de la pornographie en ligne, alors c'est qu'il est dépendant. Il a largement dépassé le cadre de la simple curiosité, et est désormais financièrement prêt à dépenser pour assouvir sa dépendance. A ce titre, n'hésitez pas à surveiller votre facture téléphonique: les appels aux services surtaxés type Allopass y apparaissent.

 

Un point également à rappeler, est l'existence ou non de collections. Lorsqu'un consommateur de pornographie entame une collection de matériel, c'est qu'il donne une dimension affective à ce matériel.

Le problème ne sera donc pas le même si vous avez trouvé une ou deux revues, ou une pile entière. De même, la situation ne sera pas à traiter de la même façon, si vous n'avez trouvé que quelques traces de surf sur des sites X sur le PC familial, ou un répertoire entier d'images triées sur le Net.

 

Quel est la fréquence de sa consommation?

Il n'y a malheureusement pas une consommation plancher, à partir de laquelle on peut définir un adolescent comme étant dépendant. Chaque cas est en effet différent. Toutefois, concernant les sites X en ligne, à titre de repère, je dirais que la dépendance, commence à partir de deux surfs solitaires hebdommaires sur Internet, d'une durée supérieure à 30 minutes.

Soyez également attentifs à la priorité donnée à cette consommation. Votre adolescent écourte-t-il les repas, ou a-t-il diminué les nombres de sorties avec ses amis, pour se rendre sur le Net? Si oui, il est sans doute dépendant. Il est en phase de repli, car il préfère l'isolement créé par la pornographie, aux relations avec les gens de son âge.

 

C. Que faire si il est dépendant?

 

Si, après vous êtes posé les questions précédemment citées, vous êtes désormais convaincu que votre adolescent est un pornodépendant, alors il va être nécessaire de l'aider. Mais gardez toujours en tête que ne le forcerez pas à arrêter. Il faudra que cela vienne de lui. Au contraire; s'il sent que vous voulez le forcer, il va être incité à consommer, ne serait-ce que par défi ou goût de la provocation.

 

Amenez-le à se questionner.

 

Parlez avec lui des raisons qui l'amènent à consommer autant de pornographie. D'accord, il a des copains qui en visionnent régulièrement. Mais est-ce une raison pour faire comme eux? Et ces copains sont-ils heureux? Et lui, trouve-t-il normal de consommer autant de pornographie?

 

Demandez-lui ce qu'il trouve d'intéressant dans la pornographie, et apprenez à contrer ses arguments. Demandez-lui pourquoi il ne préfère pas fréquenter les filles de son âge, plutôt que de se rendre sur des sites X. Chez un certain nombre d'adolescents, la pornographie peut cacher un malaise social. Faites lui comprendre qu'en se repliant sur lui-même, il ne s'encourage pas.

 

Demandez-lui s'il se sentirait capable de s'arrêter d'en consommer. Il vous répondra assurément que oui. Alors mettez le au défi. Dites lui de ne plus en consommer pendant un mois. L'idée étant ici de le mettre en situation de manque, pour lui faire comprendre que la pornographie est plus profondément ancrée en lui, qu'il ne veut bien l'avouer.

 

L'adolescent pornodépendant, pour s'en sortir, doit comme l'adulte faire le bilan de sa pratique. Cette autocritique est nécessaire à sa remise en cause. Ce qui va prendre du temps, et est également question de maturité, de fierté déplacée.

Généralement, les dépendants ne prennent conscience du vice, que quand les conséquences s'imposent à eux (problèmes relationnels ou sexuels, difficultés à faire face aux sensations de manque, etc...)

 

Une dépendance commencée à l'adolescence, est plus difficile à soigner, parce que la pornographie a accompagné la construction sexuelle de l'individu. Mais de la même façon, une dépendance que l'on remet en cause, dès l'adolescence, peut être plus facilement traitée, parce qu'un adolescent aura moins de difficulté qu'un adulte à se "réinventer" sexuellement.

 

Encouragez-le à trouver des alternatives pour reprendre confiance en lui

 

Nombre de pornodépendances adolescentes prennent comme origine un malaise intérieur. Ainsi, la dépendance pornographique est plus élevé chez les adolescents timides et mal dans leur peau, car ces derniers n'arrivent pas à aller facilement vers les filles de leur âge. Du coup, ils se replient sur la pornographie, qui leur présentent des figures féminines plus rassurantes.

 

Encouragez votre adolescent à sortir, à voir des amis. Proposez-lui de l'inscrire à une activité sportive. Encouragez-le dans ses autres centres d'intérêts. Faites-lui comprendre qu'il peut être quelqu'un d'intéressant, d'important. Ce n'est que comme cela qu'il reprendra confiance en lui.

La pornographie cessera alors d'être son unique centre d'intérêt. Au mieux, il la laissera tomber, car il aura trouvé quelque chose de plus positif sur lequel se canaliser. Au pire, sa consommation ne sera que freinée; mais lorsqu'il aura acquis assez de maturité pour arrêter, il aura d'autres centres d'intérêts sur quoi s'appuyer pour se réinventer.

 

Soyons honnête: face à la dépendance de leurs adolescents, les parents se sentent très souvent démunis, car, de par la nature souvent conflictuelle des rapports avec leurs enfants, ils sont assez mal placés pour les aider. Mais ce n'est pas une raison pour baisser les bras. Si vous voyez que vous n'y arrivez pas, peut être y'a-t-il dans votre famille ou son entourage quelqu'un de plus âgé, de suffisament mûr, pour être capable de l'aider. Il faut que votre adolescent soit suffisamment en confiance avec cette personne, pour pouvoir se confier à lui.

 

AFREG. Première version de l'article - mai 2010.

 

Si vous avez aimé le travail fait sur cet article et les autres articles du site, vous pouvez soutenir le projet en faisant un petit don par le biais de Paypal. Aucune somme minimum n'est exigée, et le tout est bien évidemment facultatif. Merci par avance!

 

 

 


Citations :

 

(1) INED: L'âge au premier rapport sexuel, http://www.ined.fr/fr/tout_savoir_population/fiches_pedagogiques/naissances_natalite/age_premier_rapport_sexuel/

(2) Les Ados et le porno, dossier paru dans Le Nouvel Observateur, 25-31 juillet 2002.

(3) Défi à la pudeur: quand le pornographie devient l'initiation sexuelles, par Gérard Bonnet, Albin Michel, 2003

(4) Accros à l'écran? Et pourquoi pas! Du Tamagotchi au cybersexe, Entretiens avec Jean-Claude Matysiak et Odile de Sauverzac, Editions Pascal, Enquête, mai 2006

(5) Les enfants face aux écrans : pornographie la vraie violence, Jacques Henno, Editions SW-Télémaque, 2004

(6) La cyberdépendance en 60 questions, Jean-Charles Nayebi, Editions Retz, Collection Santé, 2007

 

Egalement:

 

(*) Les 90 déferlantes, par Nicole Buron, 1994, publié en 2006 sur http://www.ichtus.fr/article.php3?id_article=166

 

ACCES AUX ARTICLES DU SITE

 

Définition de la pornodépendance - L’altération de la sexualité chez le pornodépendant - Comment détecter la pornodépendance d'un proche? - La dépendance des femmes à la pornographie -La pornographie nuit aux relations conjugales et familiales - Compagnes de dépendants: aider et être aidées - Dépendants! Ce que veulent vos femmes - Comment se sortir de la pornodépendance - En cas de rechute(s) : ne pas s’affoler - Les erreurs à ne pas faire durant votre sevrage - Quelle va-t-être la durée de mon sevrage ? - Que puis-je espérer de mon sevrage ? - Les moyens de filtrage - Une sexualité phallocratique et violente - Les standards esthétiques de la pornographie contemporaine - La pornographie enfantine sur Internet - Aborder la question de la pornographie avec un adolescent - Protéger ses enfants de la pornographie - La pornographie est réactionnaire - Tentative de définition du consommateur-type de pornographie - Le port du préservatif dans les films pornographiques